jeudi 1 avril 2010

le 11 mai, 11h: Atelier XI : Interprétation ou traduction ? Eléments intraduisibles de textes théologiques (54, bd Raspail)

(11h-13h)
Atelier XI :
Interprétation ou traduction ?
Eléments intraduisibles de textes théologiques
(salle 524 au 54, bd Raspail)

Présidente : Rita Herman-Belot (EHESS)
Visions coraniques du temps à travers les traductions : enjeux et retombées. Soufian Al Karjousli (France. SUPELEC )
Heresy, Translation, and the Afterlife of Robert de Gretham’s Miroir. David Lavinsky. (USA. University of Michigan)
Vieux mots et nouveaux sentiments. Latin, langues vulgaires et terminologie spirituelle au début du XVIIème siècle. Andrés Vélez Posada (Colombie. EHESS)
Traduction et évolution de la pensée philosophico-théologique arabo-musulmane : le cas du Mu’tazilisme. Smaïl Khris. (France. EHESS)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
Visions coraniques du temps à travers les traductions : enjeux et retombées. Soufian Al Karjousli
L’arrivée de l’islam a suscité un besoin de réorganisation du temps afin de marquer une coupure avec le passé et ses croyances qui renvoyaient à des symboles du polythéisme. Certains lisent, à travers le texte coranique, une vision temporelle, voire un calendrier divin dans lequel le déroulement du temps, des mois, des années parfois, n’a rien à voir avec notre concept terrestre. D’autres associent le temps divin au temps terrestre. Les positions des théologiens musulmans et des traducteurs du texte coranique reflètent ces différentes conceptions. Nous proposons d’en analyser les origines, puis d’en montrer les enjeux et les retombées sur les traductions actuelles. Quelques théologiens et, à leur suite certains traducteurs, ont adopté une règle qui traite les versets comme des décrets. Celui qui viendrait en dernier serait alors le plus fiable. Ils s’appuient sur la compréhension du concept coranique de « l’évolution des versets », al-nâsekh wa l-mansûkh. Cependant, cette interprétation laisse subsister une contradiction dans la mesure où ces mêmes théologiens et traducteurs s’appuient, en même temps, sur le Coran dit « Coran de ‘U©m€n » qui a été assemblé dans un ordre non chronologique. D’autres interprètes, dont Régis Blachère, grand traducteur du Coran, estiment que pour traduire, il faut respecter un ordre temporel qui est celui de l’ordre chronologique et donc proposer une traduction contextualisée. Régis Blachère estime, par exemple, que la lecture la plus répandue du texte coranique se fait « à l’envers » puisque les premiers textes, les plus longs, sont de façon générale formés de révélations parvenues à Mahomet vers la fin de sa prédication et que le traducteur se doit de rétablir la contextualisation. C’est l’option qu’il avait lui-même prise dans sa première traduction du Coran de 1949. Cela lui a valu, à l’époque, les foudres de la majorité des musulmans. Ces deux options existent toujours actuellement et suscitent un débat virulent dans le monde des interprètes et des traducteurs. La célèbre université égyptienne, Al Azhar, vient, elle-même, cinquante ans plus tard de donner son accord pour la publication d’un Coran respectant un ordre chronologique. La formation des traducteurs doit, elle, nécessairement intégrer cette dimension de réflexion sur les différentes temporalités et comprendre que traduire, c’est aussi interpréter.

Heresy, Translation, and the Afterlife of Robert de Gretham’s Miroir, by David Lavinsky.
This paper discusses the Middle English translation of Robert de Gretham’s Anglo-Norman Miroir. A cycle of sixty verse sermons dating from the thirteenth century, Gretham’s text became a prominent point of reference within Wycliffism, the English reform movement identified with John Wyclif and his followers; portions of its prologue, which prefaced an anonymous late fourteenth-century English version of the Miroir, circulated with Wycliffite texts defending the legitimacy of vernacular biblical translation (for instance, Cambridge University Library Ii.6.26, an unpublished manuscript that I will discuss in some detail during the talk). Humanities scholars have largely ignored the afterlife of the Miroir, confident that no movement as heretical as Wycliffism could have had much use for a collection of orthodox sermons. Yet, as I show in this paper, which is a condensed version of a journal article now in draft form, Wycliffites used the Middle English version of Gretham’s work not only to authorize their own hermeneutic practices but also to explore anxieties about textual dissolution, to specify the limits of literal translation, and to rationalize a more expansive ideal of vernacular intelligibility, one where holy writ is ‘openlicher’ ‘more open’in English than in any other language. I end by suggesting that the Miroir figured prominently in Wycliffite efforts to produce a more accessible translation of the English Bible, and that its complex reception history therefore encodes the formation of new vernacular practices and epistemes.

Vieux mots et nouveaux sentiments. Latin, langues vulgaires et terminologie spirituelle au début du XVIIème siècle. André Vélez Posada.
L’éclosion des langues vulgaires comme langues savantes a donné lieu à un travail d’interprétation et de transmission de la tradition écrite en latin. Le devenir du mot Ingenium en est preuve : traduit comme Esprit et Engin en français, comme Mind et Wit en anglais, comme Ingenio en espagnol, Ingenium est un des mots du latin considéré comme intraduisible en beaucoup de langues. Ainsi, ce texte voudrait réfléchir sur les difficultés et les résultats que la traduction et l’appropriation de ce concept a connu dans les langues vulgaires. Tel que l’on peut l’observer dans l’écrit de Descartes intitulé Regulae ad directionem ingenii (1629), on est en face d’un terme très ambigu employé par la langue scholastique qui sert à désigner la force intellectuelle et créatrice des hommes. Il s’agit, en effet, d’un concept holistique qui est clé au moment de parler de l’activité spirituelle. On montrera comment les problèmes conceptuels de la traduction ou de l’appropriation d’Ingenium mettent en évidence la montée d’une pensée diversifiée qui voit le jour dans les nouvelles pratiques lexicographiques en langue vulgaire. Pour l’illustrer, on verra les différents sens que le concept a acquis dans deux pratiques savantes du début du XVIIème siècle. L’art de peindre et de composer des poèmes et la Philosophie, par exemple, ont développé, en langue vulgaire, et grâce au travail de réflexion sur le concept d’Ingenium, une variété de concepts irréductibles à une seule doctrine sur la Nature Humaine, une nouvelle machine conceptuelle efficace au moment de décrire, argumenter et nommer les valeurs et les pratiques artistiques, intellectuelles et naturelles de l’époque. Les notions philosophiques comme esprit, mind, verstand et les concepts poétiques de finesse, ingenio, wit entre autres, seront présentés comme des concepts irréductibles mais redevables du concept d’Ingenium.

Traduction et évolution de la pensée philosophico-théologique arabo-musulmane : le cas du Mu’tazilisme. Smaïl Khris.
L’objectif de cet article est de montrer comment, entre le VIIIe et le IXe siècles, la traduction a joué un rôle important dans l’évolution de la pensée philosophique et théologique arabo-musulmane et a conduit à l’apparition du courant de pensée mu’tazilite et à son adoption par l’élite califale (politique) et scientifique à l’époque d’Al-Ma‘moun. Pour ce faire, l’analyse s’appuiera d’une part sur la « théorie des systèmes sociaux » de Luhmann et, d’autre part, sur la « sémantique des temps traductifs » de Koselleck. La première permettra d’étudier le monde arabo-musulman comme un système social fait de communications sociales constituées de manière autopoïétique, autrement dit un système social utiliserait la communication comme mode de reproduction, de régénération et de définition basée sur la production du ou des sens. La seconde permettra d’identifier l’inscription sur la durée du Mu’atazilisme, en suivant l’évolution sémantique (stabilité ou instabilité des significations, changements et transformations dans les significations) de certains concepts-clés qui le définissent ou sur lesquels il se fonde. Vue sous cet angle, la traduction ferait partie intégrante du système social. Elle est l’élément principal par lequel le monde arabo-musulman est mis et maintenu en relation avec une partie de son environnement, en l’occurrence la Grèce antique. Elle serait tant la médiatrice entre le système social et son environnement que le « garde-frontière » accordant ou refusant l’entrée de nouvelles possibilités de sens (actions et expériences sociales) dans l’horizon sémantique du système social. A ce titre et comme l’attestent les résultats de l’analyse, ses fonctions de médiatrice et de garde-frontière apparaissent sur trois plans sémantiques : le social, le factuel et le temporel. Sur le plan social, la traduction a été le mécanisme d’interaction entre le monde arabo-musulman et la Grèce antique. Sur le plan factuel, elle a orienté la définition du discours social, en l’occurrence le discours philosophico-théologique. Sur le plan temporel, la traduction a introduit le futur tant attendu par l’élite califale et scientifique en le confondant avec le présent de la communication systémique.

Bios:
Soufian Al Karjousli : Islamologue et linguiste (SEPELEC, Rennes) a écrit en 2008, La polysémie au cœur du dialogue interculturel et interconfessionnel, l’exemple de la traduction des vocables islâm et muslim dans le Coran, in Atelier de Traduction, n°10, Roumanie, Les traductions au cœur des enjeux sur la diffusion des connaissances le long des routes de l’Orient, Proceedings, XVIII Congrès mondial des Traducteurs, Foreign Languages Press, Shanghai, China et La « parole » comme élément de transmission et de communication entre les pensées judéo-chrétienne et arabo-musulmane, in Chouikha L., Meyer V., « Interagir et transmettre, … SFSIC/ISP/IPSI, Tunis, Paris, et, en 2006, La polysémie et le Coran, Lille.

David Lavinsky recently completed his Ph.D. in English at the University of Michigan and will be starting as an assistant professor at Yeshiva University in New York in the fall. He works on vernacular practices and epistemes in late medieval England, with a special focus on Wyclif and heresy.

Andrés Vélez Posada: Doctorant en Histoire et Civilisation à l’EHESS de Paris, auteur d’un livre sur l’herméneutique et la pratique rhétorique intitulé Figuras de Ingenio (Medellín, 2006) et de quelques articles sur l’histoire de la philosophie et la géographie historique. Dans ses recherches actuelles il s’intéresse à la dimension géographique et paysagiste de la pensée moderne sur l’Ingenium, notamment dans les traités de médecine, rhétorique et cosmographie de la fin du XVI siècle européen.

Doctorant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, Smaïl Khris prépare une thèse intitulée « Histoire sociale de la traduction dans le monde arabo-musulman, VIIIe-Xe et XVIIIe-XXe siècles ». Il travaille comme interprète-traducteur freelance. Il a enseigné à l’Université d’Ottawa (Canada) en tant que chargé de cours et occupé plusieurs postes d’assistant de recherche à cette même université. Il a établi pour le compte de l’UNESCO et IATIS un rapport de 50 pages sur le rôle de la traduction dans la promotion de la diversité linguistique et culturelle dans le monde arabe contemporain. Contact : skhris@gmail.com

le 11 mai, 14h30: Atelier XII : Rôle et erreurs des traductions dans les théories postcoloniales (105, bd Raspail)

(14h30-16h)
Atelier XII :
Rôle et erreurs des traductions dans les théories postcoloniales

(Amphithéâtre au 105, bd Raspail)

Président: Alain Messouadi (EHESS)
From Beirut to New York: Middle East Politics and Post-Colonial Translation. Christophe Ippolito (USA. Georgia Institute of Technology)
La littérature « mineure » : de Kafka à la théorie postcoloniale en passant par Deleuze/Guattari : histoire d'un malentendu fécond. Dirk Weissmann (France. Université Paris Est)
Transcultural Contexts, Indigenous Language, and Translating the Life Stories of Poogleedee (James Sewid) and Axux (Agnes Alfred) of the Pacific Northwest Coast Kwakwakәẃakw Peoples Robert Rutherdale. (Canada. Algoma University—Sault St. Marie, Ontario)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
From Beirut to New York: Middle East Politics and Post-Colonial Translation by Christophe Ippolito
As the editor of a recently published bilingual edition of poems written in French by Nadia Tuéni, a Lebanese author, on the civil war in Lebanon, I had to prepare a scholarly edition of translated poems for a cross-cultural audience, negotiating meaning between linguistically and culturally different audiences both in Lebanon and the United States, in French and in English. The book was a joint publication between Syracuse University Press and a Lebanese publishing company, Dar An-Nahar. In the process of editing this translation there were facilitating factors, but the editing and translating processes also went through several challenges that are directly relevant to questions involving the relationships between translation, on the one hand, and culture, postcolonial studies, and more generally politics and globalization on the other hand. As authors such as Sherry Simon or Harish Trivedi have noted, translations are based on theories of the given cultures that surround them and delineate the markers of identity and difference. This paper, anchored in a practical experience of edition and translation, will discuss the intercultural operations inherent to such an enterprise. After giving some background on the publishing aspects of this enterprise, on the author and her situation in the context of the Lebanese civil war, and on the edited translation, this paper will deal with what became the central issue in the editing/translating process, i.e. how is one to negotiate translation of culture in a co-publication between a Western, dominant press and a local press (with special attention given here to politics). Finally, the paper will present some practical solutions to the challenges that arose from this close contact between cultures, and address this practice of “in-betweeness” some have seen as central to the translator and editor of postcolonial works.

La littérature « mineure » : de Kafka à la théorie postcoloniale en passant par Deleuze/Guattari : histoire d'un malentendu fécond. de Dirk Weissman
Depuis la publication, en 1975, du livre de Gilles Deleuze et Félix Guattari intitulé Kafka, pour une littérature mineure, la notion de littérature mineure a connu une belle fortune dans les sciences humaines et sociales. Aujourd’hui c’est surtout dans le domaine des études postcoloniales qu’elle est devenue l’un des concepts clés des cultural studies. Or, la genèse de ce concept repose sur un malentendu productif du fait d’une traduction biaisée de textes de Franz Kafka, traduction qu’on a pu qualifier de « tendancieuse » et qui semble hypothéquer le discours actuel sur le mineur en littérature. En effet, Kafka, dans son Journal de l’année 1911, entreprend de décrire les mécanismes d’émergence, à son époque, des jeunes littératures nationales dont la littérature tchèque. Aussi parle-t-il de « kleine Literaturen », c’est-à-dire de la littérature des petits pays par opposition aux grandes littératures nationales telles que la littérature allemande qui dominait alors complètement le paysage littéraire à Prague. Utilisant Kafka comme caution de leur propre théorie, Deleuze et Guattari ont ainsi réduit la spécificité historique des analyses de Kafka, en transformant un écrivain soucieux des questions politiques de son temps en prophète d’une pensée révolutionnaire à venir. Sans remettre radicalement en cause la légitimité de la démarche de Deleuze et Guattari, notre communication entend s’interroger sur les tenants et les aboutissants d’une telle traduction « active », en commençant par retracer la genèse du concept de petite littérature chez Kafka, pour ensuite décrire sa transformation à l’intérieur d’un discours sur le mineur. Dans quelle mesure la notion de littérature mineure est-elle entachée de cette instrumentalisation anachronique des textes de Kafka ? Le discours actuel sur la littérature mineure peut-il encore légitimement se référer à cet écrivain ? Ne devrait-on pas plutôt refonder cette notion sur d’autres bases que celles des réflexions de Kafka dont la situation littéraire n’a finalement si peu de choses en commun avec le champ d’application de la théorie postcoloniale ?

Transcultural Contexts, Indigenous Language, and Translating the Life Stories of Poogleedee (James Sewid) and Axux (Agnes Alfred) of the Pacific Northwest Coast Kwakwakәẃakw Peoples by Robert Rutherdale
In recent decades, the post-colonial struggles of indigenous peoples have become inseparable with increased sensitivity to indigenous language use, preservation, enhancement, and continued transmission from native-speaking elders to youth. Western-based anthropologists have become, since the 1970s, acutely aware of the the challenge not only of linguistic barriers but of the comparatively rapid disappearance of traditional languages in conducting and publishing ethnographical fieldwork. Most sensitive to this, however, have been the Aboriginal elders themselves, in primarily local and regional communities around the world facing proliferating modernization and the intergenerational effects of colonialism. This has been clearly the case among Northwest Coast communities. As Martine J. Reid has stated in reference to her collaborative work in translating the life and learning of the Kwakwala -speaking Qwiqwasuťinuxw noblewoman Axuw (Agnes Alfred), ‘[d]uring the 1970s there was increasing awareness among both Aboriginal peoples and scholars that unwritten languages were facing extinction. Northwest Coast Aboriginal languages and all their associated cultural knowledge were disappearing, along with their practitioners.’ Anthropologist James Spradley presented first, in 1969, in English the life of James Sewid (Poogleedee) as an as-told-to life story. Spradley commented that Sewid’s command of English was ‘sufficient’ for him to present in that language, though Sewid had grown up as a fluently bilingual Kwakwala- and English-speaking person. Thirty-five years later, Reid published the life story of Sewid’s mother-in-law, Axuw (Agnes Alfred). Clearly evident in Reid’s methodology and approach, in collaboration with Daisy Sewid-Smith, Poogleedee’s daughter and Axuw’s granddaughter, is increased sensitivity to representing Kwakwala and to the significance of language in the translation of cultural difference. Since anthropologists such as Reid, James Spradley, and many others began working in the 1960s and 1970s respectively, histories around the globe of traditional native language preservation, enhancement, and inter-generational transmission have accompanied efforts to disrupt the negative impacts of colonial power and resituate loci of cultural change, a salient aspect of the lives of both Poogleedee and Axuw among the Kwakwakәẃakw peoples.

Bios:
Christophe Ippolito, professeur adjoint au Georgia Institute of Technology (Atlanta), travaille sur la modernité et l’antimodernité. Son dernier livre édité est Lebanon: Poems of Love and War / Liban: Poèmes d’amour et de guerre, de Nadia Tuéni (Syracuse: Syracuse University Press ; Beyrouth : Dar An-Nahar, 2006) ; son dernier article publié est « La conclusion d’Indiana», Revue d’Histoire Littéraire de la France (2009-3) : 555-572) ; pour plus d’informations, consulter http://christopheippolito.com/

Agrégé de l’Université, Dirk Weissmann est Maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil. Après une thèse de doctorat consacrée à la réception française de Paul Celan et plusieurs travaux dans le domaine des transferts culturels et de la traductologie, ses recherches actuelles portent sur l’histoire de l’écriture littéraire bilingue en France et en Allemagne.

Robert Rutherdale is an Associate Professor of History at Algoma University in Sault Ste. Marie, Ontario. He has most recently published Hometown Horizons: Local Responses to Canada’s Great War (Vancouver: University of British Columbia Press, 2004), a study of French- and English-speaking cultural responses to the First World War and has co-edited, with Magda Fahrni, Creating Postwar Canada: Community, Diversity, and Dissent, 1945-1975 (Vancouver: University of British Columbia Press, 2008). He is currently completing a cross-cultural comparative study of fatherhood in postwar Canada.

le 11 mai, 14h30: Atelier XIII : Discours et pouvoir : représentation, témoignage et effacement (54, bd Raspail)

(14h30-16h00)
Atelier XIII :
Discours et pouvoir :
représentation, témoignage et effacement
(salle 524 au 54, bd Raspail)

Présidente : Natalia Muchnik (EHESS)
Making sense of Ambiguous Speech: the 1990’s Famine in North Korea. Sandra Fahy (France. EHESS)
Das "Fortleben" des "bloßen Lebens": Zur Leiblichkeit und Übersetzbarkeit der Wahlverwandtschaften. Takaoki Matsui (Tokyo, Japon.)
How to translate a language that ghosts another: French behind Celan and Kerouac, Arabic below Tengour and Meddeb. Pierre Joris (USA/Luxembourg. University of Albany—SUNY)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
Making sense of Ambiguous Speech: Oral History of the 1990s Famine in North Korea by Sandra Fahy
This paper takes as its main focus the linguistic analysis of ambiguous speech patterns in the oral testimonies of survivors of the North Korean famine. The government placed severe restrictions on discussions, illusions and references to the famine and its consequences. In spite of the limitations placed on free expression in situ many informants communicated their experiences to each other through indirect speech patterns, and years after surviving the famine these emerged in oral testimonies. Clandestine and careful modes of communication used and yet subverted the government’s sanctioned discourse. Taken as a collective, the testimonies reveal a range of consistent patterns in indirect speech: word choice, lengthy metaphors, dry humour, appropriated government terms, euphemisms and so on.This paper will consider these aspects of the oral testimonies highlighted through the lens of translation – translation of language as well as the transmission of cultural trauma. During the famine, North Koreans had to speak in highly coded and ambiguous terms, later when meeting the researcher many articulated the famine within the linguistic frameworks supplied to them by the government. These habituated expressions evolved during the famine period to be highly ambiguous, evocative or hidden. What difficulties does the researcher encounter when oral accounts bear these same ambiguous, evocative and hidden articulations? There are difficulties of translation (from Korean into English) but there are the added difficulties of translating culturally informed expressions of trauma into non-traumatic culturally distinct settings such as South Korea and the international community.


Das „Fortleben“ des „bloßen Lebens“: zur Leiblichkeit und Übersetzbarkeit der Wahlverwandtschaften. Takaoki Matsui
Im Übersetzer-Aufsatz spricht Benjamin vom „Leben und Fortleben der Kunstwerke“. Ihm zufolge ist das „Leben“ weder aus organischer Leiblichkeit allein noch „aus Empfindung, die es nur gelegentlich kennzeichnen kann“, zu definieren, sondern aus der Geschichte, die es umfasst. Wie würde sich diese ›Lebensmetaphysik‹ auf den von ihm kritisch ausgelegten naturwissenschaftlichen Roman beziehen, dessen Übersetzbarkeit er allerdings nicht in Frage stellte? Goethes Wahlverwandtschaften ist eigentlich eine Komödie der vier personifizierten Elemente; gemäß einer umstrittenen Affinitätslehre werden sie zum ›Ehebruch‹ motiviert und schließlich von den als Nebenfiguren getarnten Wissenschaftlern zur Zersetzung gebracht. Die Handlung spielt auf technikhistorische Begebenheiten und naturwissenschaftliche Befunde an; Goethe übertrug sie in karnevaleske Spiele der Materie, um die aufkommende Industrialisierung und die Disziplinierung des Menschen zu karikieren*. Er machte jedoch den Übertragungsprozess nur in der chemischen Gleichnisrede sichtbar; dort erfahren die Figuren (Elemente) einiges von ihrer mutmaßlichen Bestimmung. Verschlüsselt blieben die sprachlich unübersetzbaren Vexierbilder: diejenigen der technischen Apparatur, der Eigennamen, der Körperteile usw. Sie waren bisher unbeachtet oder ›sinngemäß‹ als Teile einer ›tragischen‹ bzw. ›trüben‹ Liebesgeschichte angesehen. Auch Benjamin wollte ihren ›trüben‹ Schein nicht zerstören. Nur fielen ihm zur Unterscheidung der eingeschobenen Novelle von der Romanhandlung folgende Analogien ein: Im Roman herrscht die „Schwüle“ vor dem „Sturm“, in der Novelle aber „das Gewitter und der Friede“; im ersteren erscheint nur mattes Licht der „Sonnenfinsternis“, in der letzteren wird alles vom „helle[n] Licht“ scharf umrissen. Diese Bilder entsprechen genau den dort verschlüsselt dargestellten Erfindungen und Versuchen. Trotz dieser ›Erleuchtungen‹ nahm er jedoch nur eine sublimierte ›Entblößung‹ der Novellenfigur wahr und bemängelte die Verhaftetheit der Romanfiguren in dem „Verband des bloßen Lebens“. Zu fragen ist, ob nicht seine Lebensmetaphysik die genaue wetterfühlige ›Empfindung‹ gestört hat.
* Meine detaillierte Werkanalyse erscheint zuerst in Japanisch: ›Shinwaryoku‹ no koubou (Illuminations of ›Elective Affinities‹), in: 19 Seikigaku Kenkyu (Study of the 19th Century Scholarship), Vol. 4, 2010.

How to translate a language that ghosts another: French behind Celan and Kerouac, Arabic below Tengour and Meddeb.
Pierre Joris
Drawing more on practice than on theory, “How to translate a language that ghosts another: French behind Celan and Kerouac, Arabic below Tengour and Meddeb” will speak to specific occasions in the work of these authors, from single words (in a Celan poem, the German word “Neige” feels suspiciously like the French word “neige”) to broader claims of “ghosting” (Kerouac wants to believe or believes he wants to write French Canadian in English, et vice-versa) as when certain formal strictures ghost the francophone texts of the Algerian Habib Tengour (is that a Mallarmean move or something from a Mu’allaqat, a pre-islamic ode?) or the Tunisian Abdelwahab Meddeb ( “allographies” that want to retool a traditionally recalcitrant French via calligraphic density and play). A pleasure to theorize into post-colonial constats — but problematic when we sir down to translate these texts.

Bios:

Sandra Fahy
completed her PhD in Social Anthropology at the School of Oriental and African Studies in London in 2009. She currently holds the Korea Foundation Post Doctoral Fellowship at L'École des hautes études en sciences sociales, le Centre de Recherches sur la Corée. She can be contacted at smfahy@gmail.com

Takaoki Matsui
(b. 1968) studied social sciences at the Univ. of Tokyo and Kulturwissenschaft at Humboldt University Berlin. He lives in Tokyo as an independent scholar. His PhD thesis is available online (Walter Benjamin und die Kunst des Graphischen: Photo-Graphie, Malerei, Graphik, 2008. http://edoc.hu-berlin.de/docviews/abstract.php?lang=ger&id=29120). For a detailed reading of Die Wahlverwandtschaften, see my forthcoming article: Shinwaryoku no koubou (Illuminations of Elective Affinities: Goethe’s Criticism of Technology and Its Materialistic Transformation by Walter Benjamin), in: 19 Seikigaku Kenkyu (Study of the 19th Century Scholarship), Vol. 4, 2010. Its full version will also soon appear in German.

Pierre Joris
is a poet, translator, essayist & anthologist who left Luxembourg at 19 and has since lived in France, England, Algeria & the United States. He has published over forty books, most recently Canto Diurno #4: The Tang Extending from the Blade, an 2010 Ahadada Books (ebook), Justifying the Margins: Essays 1990-2006 and Aljibar I & II (poems). Other recent publications include the CD Routes, not Roots and Meditations on the Stations of Mansour Al-Hallaj 1-21. Recent translations include Paul Celan: Selections, and Lightduress by Paul Celan, which received the 2005 PEN Poetry Translation Award. With Jerome Rothenberg he edited the award-winning anthologies Poems for the Millennium (volumes I & II). He teaches at the University of Albany, SUNY. Check out his website (http://pierrejoris.com/home.html) & his Nomadics blog (http://pierrejoris.com/blog/).

lundi 29 mars 2010

le 11 mai, 16h30: Atelier XIV: Poétique et traduction de la poésie :Rimbaud, Celan, Brossard (54, bd Raspail)

(16h30-18h)
Atelier XIV :
Poétique et traduction de la poésie :

Rimbaud, Celan, Brossard
(salle 524 au 54, bd. Raspail)

Présidente : Clíona NíRíordáin (Paris III-Sorbonne Nouvelle)
Retranslating Rimbaud’s Fervent Cities. Angela Carr (Canada. Toronto New School of Writing)
Tracelanguage: A Shared Breath. On Transtranslating Paul Celan. Mark Goldstein (Canada. Toronto New School of Writing)
Translation : Tonal Strain: Anagrammatic Translations of the Poetry of Nicole Brossard. Bronwyn Haslam (Canada. Montréal)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
Retranslating Rimbaud’s Fervent Cities by Angela Carr
The centripetal attraction of the author function in literary criticism and canons has meant that many translations of one author are often made while most other foreign language authors are ignored. For the translator of an author like Rimbaud, do extant English translations of his work create an impasse or do they urgently solicit that a specifically new translation be made? What does it mean to translate again within a wide field of English translations of a poetic text, albeit none local to Canada? Further, what role do variant translations play in the act of renewed translation? How have various translators’ poetic choices been inflected by cultural context? Considering poetic tropes such as metaphor and metonymy, and using my own work with Rimbaud as a case study, I examine how a translator’s cultural context emerges in translation of Rimbaud’s oeuvre. Yet perhaps the greatest challenge to the translator of Rimbaud is how to write through his radicality, to follow its movement to the contemporary world and contemporary poetics.

Tracelanguage: A Shared Breath. On Transtranslating Paul Celan
by Mark Goldstein
"[...]most of the perennial debates about what translation can or ought to do hinge on the delicate balance between the two functions and processes – and on differences, either individual or historical. In the relative importance attached to the one and the other. These differences are partly historical, because they depend on changing notions of what a poem is and does; for instance on whether – as in classical practice and theory – primary importance is attached to what a poem says or tells, so that such features as rhythm, euphony, and imagery or metaphor are regarded as ornaments of the primary “content” or gist; or whether – as in Romantic-Symbolist practice and theory – the emphasis shifts from what a poem says or tells to how it does so, to the point where rhythm, euphony, and imagery, far from being ornaments of any separable “content” or gist, become primary, if not autonomous or “absolute.” – Michael Hamburger, On Translating Celan
Tracelanguage is a necessary response to Hamburger’s polarities. It is a book of poems that parallels all radical translation by functioning outside such prescribed approaches. Tracelanguage is part of a literature whose best works are exemplified by books such as Louis Zukofsky’s Catullus, Robin Blaser’s Les Chimères and Erin Moure’s Sheep’s Vigil By A Fervent Person. Tracelanguage is a serial poem comprised of six cycles, each corresponding with those found in Paul Celan’s seminal work, Atemwende. Here, Celan’s poems are re-inscribed via a transmutation of word material found or developed from within the original text. Tracelanguage is a retransmission of poetic energies, revivifying German into English using tools such as homophonic translation, combing, and mis-quotation. Celan’s poems are re-written from a third-generation Jewish-Canadian perspective. A language of landscape figures prominently in the work, and the ‘trace’ of Tracelanguage gauges Celan’s music – amid the rubble of its German, post Shoa – as heard resounded through the stone soundings of the Canadian shield. The end result is a reinvigoration of Celan’s poems, renewed for a readership such as our selves, thus opening the field of retranslation and retrotranslation to new possibilities.

Translation : Tonal Strain: Anagrammatic Translations of the Poetry of Nicole Brossard
by Bronwyn Haslam
I am currently translating the poetry of Nicole Brossard through anagrams, using the same number of letters and the same number of each letter in my English version as there is in Brossard's French original. An arbitrary characteristic of the source text accrues a distorted importance in my translational process. The letter count of a poem is arbitrary to the extent that it is a product of the language itself, rarely something that an author would give conscious attention to. For while French and English use the same 26-letter alphabet, they use it in distinct and identifiable ways. Translating anagrammatically inflects English with the letteral profile of French; an excess of Es, Qs, Us, and a penury of Ks, Ws and Hs yields a latinate lexicon and an idiosyncratic, accreting syntax. Anagrammatically, translation is tonal strain. The process thus turns English to French as it translates French to English. Within the context of Nicole Brossard's work, this is a political gesture. The colonial history of English in Québec, and in Montréal, figures importantly in Brossard's poetry. Also, it is largely through the translation of her poetic and theoretical texts that continental feminisms reached English Canada and influenced the development of innovative women's writing there. These anagrammatic poems attempt to convey both the meaning of Brossard's poem and to “purify” English in both Benjamin's sense in “The Task of the Translator,” and in joyfully subverting a language of domination. Some of these poems have appeared in The Capilano Review or are forthcoming in Matrix magazine. I have attached one as an example below.:

Ce sont des passages soulignés, des fragments de bonheur qui traversent le corps et dressent tout autour des ponts car ailleurs et au grand vent dit-on il y a allégresse. Ce sont des écritures avec leurs meurtrissures, l’abondance de la vie éclatée à sa mesure dans un monde et ses niches de vieux parcours qui lèchent l’ombre des os.
Nicole Brossard
from “SoftLink 1”

It’s underlined passages, pieces of happiness that course a torso, erect
bridges all around as out in squares, museums and neon marquees elan
murmurs, a relearned reverse elegy. It’s letters and sentences’ bruises,
existence sluiced, deluged, scattered across oceans and rivulets, curled old routes that tongue bones’ velvet coves.
« Skin Loft » tr Bronwyn Haslam

Bios:
Poète et traductrice Canadienne Angela Carr est l’auteur des receuils The Rose Concordance (BookThug, 2009) et Ropewalk (Snare, 2006). Ses poèmes ont paru dans des revues littéraires au Canada, notamment Open Letter, Jacket, Action Yes et textsound. Elle a presenté sur la traduction poétique à CUNY et l’Université de Calgary (Translating Translating Montréal). Elle enseigne au Toronto New School of Writing, mais elle vit à Montréal.

Le livre de poèmes le plus récent de l’auteur Mark Goldstein de Toronto, After Rilke: To Forget You Sang, a été publié par BookThug au printemps 2008. After Rilke est une série de traductions homophoniques basée sur les Voix, un travail écrit par Rilke en 1906. Plus récemment, sa propre petite presse, Beautiful Outlaw, a publié Handwerk, un ensemble de six chapbooks par les poètes Phil Hall, Erin Moure, Oana Avasilichioaei, Angela Carr, Jay MillAr et Goldstein. Sa collection de poemes suivante, Tracelanguage: A Shared Breath, les trans-traductions le travail séminal de 1967 du poète Paul Celan, Atemwende, sera publiée par BookThug au printemps 2010.

Bronwyn Haslam est un poète originaire de Calgary, au Canada. Elle a étudié à l'université de Calgary, où elle a obtenu un B.A. (hons) en littérature anglaise et un B.Sc. en biologie cellulaire et moléculaire. Ses poèmes ont été publiés dans des revues canadiennes telles que Matrix, The Capilano Review et The Last Supper. Elle habite actuellement à Montréal, où elle travaille comme écrivaine médicale.

le 11 mai, 16h30-Atelier XV: Peut/doit-on tout traduire ? Amphi, 105 bd Raspail

(16h30-18h)
Atelier XV:
Peut/doit-on tout traduire ?
(Amphithéâtre au 105, bd Raspail)

Président : Geoffrey Gilbert (AUP)
L’œuvre des premiers traducteurs français de John Locke. Delphine Soulard (France. Université de Toulouse I)
Translating Philosophy. Elad Lapidot. (Allemagne. Berlin)
Les autobiographies de sourds, une écriture-traduction? Pierre Schmitt (France. EHESS), Andrea Benvenuto (France. EHESS/ Paris VIII)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen:

L’œuvre des premiers traducteurs français de John Locke. Delphine Soulard
Ma communication vise à examiner les effets immédiats et durables qu’a eus la première traduction française des œuvres philosophiques et politiques de John Locke, et à réfléchir aux questions plus larges de statut de l’auteur et de ses traducteurs, ainsi qu’à la valeur du texte source et du texte traduit après avoir subi les opérations de transfert culturel. Je rappellerai, dans un premier temps, qu’à la charnière des XVII-XVIIIe siècles, l’anglais était loin d’être la lingua franca qu’elle est aujourd’hui. Aussi, les œuvres écrites en langue anglaise étaient vouées à un public se limitant presque exclusivement aux seuls anglais. Pour assurer une diffusion de leurs œuvres et de leurs idées au-delà des confins de l’île, les penseurs anglais devaient donc être traduits. Le latin étant alors en perte de vitesse par rapport à la langue française que Pierre Bayle qualifia, en 1685, de « langue transcendentelle », ou encore de « point de communication de tous les peuples de l’Europe », c’est bien une traduction française qui assurait aux idées anglaises le plus large rayonnement européen. Nous serons donc amenés à aborder la question de la domination de la langue française sur la langue anglaise, mais également sur les autres langues européennes, dans la mesure où toutes les traductions européennes des œuvres de Locke (allemande, italienne, espagnole, suédoise…) qui furent faites au XVIIIe siècle, constituèrent non des traductions des textes originaux de Locke, mais des traductions de la traduction française de ces œuvres. Nous montrerons donc qu’au moment de ce que Paul Hazard a appelé la “crise de la conscience européenne”, la dissémination d’idées anglaises sur le Continent se faisait par le biais de leur traduction française, ce qui nous permettra d’aborder la problématique de la traduction française des œuvres de Locke et de réfléchir aux conséquences immédiates et durables que cela eut sur la réception et la postérité de la pensée de Locke. Nous nous pencherons sur les difficultés rencontrées par les traducteurs français de Locke pour traduire ses textes (problèmes linguistiques : mauvaise maîtrise de la langue source, limites des outils de traduction à leur disposition ; problèmes culturels : adaptation des références, notion d’intertextualité…), ainsi que sur les choix auxquels ils procédèrent (radicalisation de la pensée de Locke et transformation de son œuvre politique en œuvre de circonstance servant la cause des Huguenots), ce qui nous permettra d’aborder la question des erreurs à la fois accidentelles et délibérées des traducteurs et de mettre en évidence les conséquences à la fois fructueuses et désastreuses que leurs transferts culturels engendrèrent sur la réception de Locke sur le Continent, mais aussi en Angleterre, au siècle des Lumières. Notre analyse des transformations subies par les textes source de Locke lors de l’opération de traduction sera en effet menée conjointement avec une réflexion sur l’impact que cela eut sur la valeur du texte source lui-même, ce qui nous permettra de mettre en lumière les échanges culturels engendrés. Nous rappellerons enfin que nous étudions aujourd’hui en France les textes de Locke dans la version consacrée par ses premiers traducteurs français, ce qui nous conduira à réfléchir à l’influence durable qu’ils continuent d’exercer sur notre vision et notre interprétation des théories politiques et philosophiques du penseur anglais. En réfléchissant à la notion d’“auteur”, nous serons amenés à proposer une redéfinition du statut des premiers “traducteurs” français de Locke.

Translating Philosophy
.
Elad Lapidot
Nowadays, it is clearer than ever that translations stand at the very center of the studies of philosophy. In no other science is the textbook so often translated. In no other science is the translated text so often the studied object itself. To judge by its curriculum, “philosophy” can almost be defined as the “translated science”. However, its own being translated has rarely been recognized by philosophy itself as inherent to its concept. It is rather to the contrary, if philosophy indeed understands itself as science. For science, the diversity of languages constitutes a pathology of communication: different names for the same thing. Consequently, translation creates confusion and is not simply the lesser evil, but evil pure and simple. Science is not translated; it speaks one language. As science, philosophy thus fails to justify its own factual translation. It denies it. It conceives translating as copying: the translation is required to be correct, the same as the original. But translation itself generates linguistic difference. In this way, translated philosophy understands itself to be necessarily a bad copy of the original φῖλοσοφία and is lost in transliteration. “Philosophy” becomes a proper name that belongs to no language. It doesn’t say anything anymore. To break philosophy’s silence, I will suggest that it must be reconciled with its own translation. The basic question is: how to translate philosophy? This question will be treated with a view to developing the particular problematic of philosophical translation. The basic claim is that philosophy requires literal translation because it looks for the truth in the word. This understanding leads the development of literal translation as a method of access to the “love of wisdom”: not for rewriting science but for rediscovering the desire to know.

Les autobiographies de sourds, une écriture-traduction?
Pierre Schmitt et Andrea Benvenuto
À partir de l'Abbé de l'Epée et de la revendication de l'éducabilité des sourds au moyen de la langue des signes, les sourds ont progressivement cheminé vers le statut contemporain de sujets bilingues. Pourtant, face à un illettrisme[1] persistant et aux difficiles rapports que les sourds entretiennent avec l'écrit des langues vocales[2], force est de constater que les sourds continuent de se représenter les langues vocales comme étrangère à eux-mêmes. Cependant, la langue des signes ne possédant pas d'écriture, lorsque les sourds se racontent, s'écrivent, c'est principalement dans cette langue étrangère qu'ils sont contraints de le faire. Ainsi, les “autobiographies” des sourds relèveraient d'un processus de traduction singulier. Il ne s'agit pas uniquement de la manipulation, par un traducteur, du texte et de la voix d’autrui. L'auteur, étant lui-même locuteur d’une langue qui n’a pas d’écriture, doit se traduire à lui-même pour s’adresser à autrui. D'autre part, l'écriture de ces “autobiographies”, précieuses pour les sciences sociales et la construction d'un savoir et d'un regard anthropologiques et philosophiques, documentés, sur la surdité, par la transmission de l'expérience des sourds qu'elle assure, laisse souvent apparaître un personnage tiers, en général entendant, contribuant à l'acte d'écriture. C’est le cas du livre d’Armand Pelletier[3], Mémoires recueillis et traduits par Yves Delaporte publié dans la collection Terre Humaine, et des écrits de Laurent Clerc[4], sourd français et personnage clé de l'historiographie américaine, premier à écrire l'histoire des sourds américains en s'écrivant lui-même. Le corpus de ces autobiographies interroge alors la tension entre les figures de l'auteur et du traducteur dans les interactions qui conduisent à cette écriture-traduction de soi. Cette tension dépasse le terrain linguistique pour devenir un enjeu d’ordre anthropologique et philosophique. Du dire à l'écrire, de la “voix ” à la plume, les intervenants proposent ainsi de faire converger leurs regards afin d'interroger les relations entre langue-s et culture-s à partir d'un contexte bilingue particulier: si l'expression textuelle de la parole du sujet sourd ne semble pouvoir être que traduction, linguistique et/ou culturelle, quel est le statut de cette traduction?
[1] 80% des sourds profonds sont illettrés selon le rapport de Dominique Gillot, Le Droit des sourds : 115 propositions : rapport au Premier ministre, 1998, p.90.
[2] Hugounenq, Hélène. Pratiques langagières des sourds et discours autour de la langue des signes, l’intégration en question. Thèse de doctorat en anthropologie sociale et ethnologie, EHESS, 2009 (sous la direction d'Yves Delaporte).
[3] Pelletier, Armand et Yves Delaporte. « Moi, Armand, né sourd et muet… ». Paris : Plon, 2002.
[4] Clerc, Laurent. The diary of Laurent Clerc's voyage from France to America in 1816. West Hartford, Conn. : American School for the Deaf, 1952; Clerc, Laurent. “Autobiography” in Deaf World: A Historical Reader and Primary Sourcebook, edited by Bragg Lois, 2-9. New York: New York University Press, 2001 (original text written in 1852).
BIOS:

Delphine Soulard
, Agrégée d’anglais, Ater à l’Université Toulouse I Capitole. Quatre articles tirés de ma thèse sur Locke et les Huguenots du Refuge (histoire des effets de la traduction et de la diffusion journaliste de la pensée politique de Locke sur la réception de ses idées sur le Continent au siècle des Lumières) seront publiés prochainement dans SVEC, Historical Research, Bulletin de la Société d’Etudes Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles et Dix-septième siècle. Elle travaille également à l’édition des premières biographies de Locke, The Early Lives of John Locke, qu'elle coédite avec Mark Goldie pour Oxford University Press.

Elad Lapidot
est né en Jérusalem, il a étudié et enseigné le droit à l’Université Hébraïque de Jérusalem et s’est ensuite dédié aux études de la philosophie, écrivant notamment sur Schelling, Husserl et Levinas. Il a soutenu sa thèse en philosophie à l’Université Paris-1 sur Heidegger. Elad a traduit en hébreu plusieurs textes de Levinas aussi bien que Benny Lévy, et Weber. Actuellement il habite à Berlin et travaille sur la première traduction hébraïque de Sein und Zeit de Heidegger, de Phänomenologie des Geistes de Hegel et de Zur Phänomenologie der Intersubjektivität de Husserl.

Andrea Benvenuto :
Docteur en philosophie, auteur d’une thèse intitulée « Qu’est-ce qu’un sourd ? De la figure au sujet philosophique », Andrea Benvenuto enseigne la philosophie en langue des signes française (LSF) à l’Université Paris 8. Co-anime un séminaire à l’EHESS concernant la surdité et la langue des signes. Elle a rassemblé et présenté les textes de Bernard Mottez dans l’ouvrage Les Sourds existent-ils ?

Pierre Schmitt :
Après avoir mené différentes recherches concernant les sourds (histoire, sciences sociales), Pierre Schmitt, doctorant en anthropologie sociale à l’'EHESS sous la direction de Jean-Loup Amselle, explore actuellement le terrain des arts de la langue des signes.

Le 11 mai à 18h: Table Ronde (au café: 54 bd Raspail)

(18h–19h) Table Ronde « Traduire des univers - la transposition des mondes intellectuels d'une langue à l'autre par la traduction.
(Cafétéria au 54, bd. Raspail)

Animée par Olivier Mannoni (France. traducteur), avec Elmar Schenkel (Allemagne. université de Leipzig), Anne Kwaschik (Allemange. université de Berlin/ EHESS), et Pierre Joris (USA/Luxembourg. University of Albany, SUNY)

BIOS:
Olivier Mannoni (né en 1960) est un traducteur, journaliste et biographe français. Traducteur de l'allemand vers le français, Mannoni est également l'auteur de biographies de Günter Grass et Manès Sperber. Il s'est consacré à la traduction de plusieurs philosophes allemands tels Hans Blumenberg, Helmuth Plessner, Odo Marquard, Peter Sloterdijk ou Wolfgang Sofsky, d'historiens (Peter Reichel, Joachim Fest) et de romanciers comme Martin Suter, Sherko Fatah, Peter Berling, Wolfram Fleischhauer, Thomas Glavinic, Gaby Hauptmann, Jörg Kastner et autres. Il est l’auteur, notamment, de Un écrivain à abattre : l'Allemagne contre Günter Grass, Paris, Ramsay, 1996 ; Günter Grass : l'honneur d'un homme, Paris, Bayard, 2000 et Manès Sperber : l'espoir tragique, préface de Jean Blot, Paris, A. Michel, 2004.

Pierre Joris is a poet, translator, essayist & anthologist who left Luxembourg at 19 and has since lived in France, England, Algeria & the United States. He has published over forty books, most recently Canto Diurno #4: The Tang Extending from the Blade, an 2010 Ahadada Books (ebook), Justifying the Margins: Essays 1990-2006 and Aljibar I & II (poems). Other recent publications include the CD Routes, not Roots and Meditations on the Stations of Mansour Al-Hallaj 1-21. Recent translations include Paul Celan: Selections, and Lightduress by Paul Celan, which received the 2005 PEN Poetry Translation Award. With Jerome Rothenberg he edited the award-winning anthologies Poems for the Millennium (volumes I & II). He teaches at the University of Albany, SUNY. Check out his website (http://pierrejoris.com/home.html) & his Nomadics blog (http://pierrejoris.com/blog/).

Elmar Schenkel:
né près de Soest en Westphalie, il a étudié des langues étrangères et la philosophie à Marburg et Freiburg. Il a enseigné en France, en Grande Bretagne, aux États Unies et en Russie. Depuis 1993 il travaille en tant que directeur d'études dans le département d'anglais de l’université de Leipzig. Il est co-éditeur de diverses revues littéraires et auteur de nobreux poèmes, contes, romans et livres de voyages. Il traduit également la poésie anglaise (Ted Hughes et al.) et écrit des contes pour les revues moscovites Schrumdi et Schrumdirum. Ses publications les plus récentes sont une biographie de Joseph Conrad (2007) et des monographies ayant pour thème le rôle de la bicyclette dans la littérature (2008) et les "excentriques" de la science (2009). http://www.uni-leipzig.de/~literatu/index.html?mitarb_schenkel.htm.
Biobibliographische Notiz: Elmar Schenkel- wurde 1953 bei Soest/ Westfalen geboren, Studium in Marburg und Freiburg (Sprachen und Philosophie), längere Arbeits- und Lehraufenthalte in Frankreich, GB, USA, Russland. Seit 1993 Professor für Englische Literatur an der Universität Leipzig. Mitherausgeber / Redakteur von einstigen Literaturzeitschriften: Nachtcafé, Chelsea Hotel, Flugasche. Schreibt Gedichte, Erzählungen, Romane, Reisebücher (Indien, Japan,USA, Russland). Übersetzte englische Lyrik (Ted Hughes, Basil Bunting, Iain Crichton Smith) und schreibt Texte für Kinder in den Moskauer Zeitschriften Schrumdi und Schrumdirum. Zuletzt veröffentlichte er Bücher über Fahrrad und Literatur, überwissenschaftliche Exzentriker sowie eine Biographie über Joseph Conrad.

Anne Kwaschik
est professeure de l’histoire de l’Europe de l’Ouest à la Freie Universität Berlin (Juniorprofessorin). Elle est chercheure associée au CRIA / EHESS. Après des études en histoire, philosophie et littérature à Berlin et Zurich, elle a enseigné au Centre de recherches sur la France à Berlin et à l’EHESS. Au cours de l’année 2008/09 elle a été chargée de l’organisation du programme d’encadrement doctoral du CIERA. Ses recherches prennent pour objet la problématique du transfert du savoir en sciences humaines et sociales. Elle travaille notamment sur le rôle des médiateurs culturels dans la constitution des réseaux transnationaux et plus spécialement dans le processus de l’internationalisation des sciences sociales après 1945.

lundi 22 mars 2010

Programme officiel / Official Conference Programme

"La traduction / la transmissibilité et la communication transculturelle dans les sciences sociales"
les 10-11 mai 2010
à la FMSH et à l'EHESS, Paris
54 bd Raspail et 105 bd Raspail
(cliquer sur les photos à gauche pour les plans d'accès:
click on the photos at the left to see maps with locations)


Programme officiel:

Lundi le 10 mai 2010 :

(9h-10h)
(salle 524, 54 bd Raspail)
« Bienvenue » des organisatrices : Stephanie Schwerter (EHESS /FMSH), Jennifer K. Dick (EHESS)
et
Ouverture du colloque : François Weil (Président EHESS), Michel Wieviorka (Administrateur FMSH)

(10h-11h)
(Salle 524, 54 bd Raspail)
Séance Plénière : Jean-René Ladmiral (Paris X)
« Sourciers et ciblistes, encore… »

(11h-11h30)
Pause café : devant la salle 445bis + vente de livres dans la salle 445bis

(11h30-13h : Ateliers I-II-III)

Atelier I :
Socio-linguistique et traduction : techniques et outils.
(salle 524 au 54, bd Raspail)
Présidente : Dinah Ribard (EHESS)

How many languages, how many translations? Peter Caws (USA/UK. The George Washington University)
Prouver au travers d’exemples la rapidité de l’évolution linguistique du français contemporain, causée par le grand nombre d’emprunts récents d’anglais en français. Myriam de Beaulieu (France. Interprète à l’ONU à NYC)
The Traduxio Project: Translating Cultural Texts. Philippe Lacour (Belgique. Université Libre de Bruxelles / Centre Marc Bloch Berlin)

Atelier II :
De l’usage de la traduction dans la culture de masses
(salle 241 au 54, bd. Raspail)
Présidente: Anne-Marie Thiesse (ENS)

Die deutsche und französische Anzeigenwerbung der Gegenwart. Nadine Rentel (France. Paris IV / DAAD)
Traductions Sociales: le double défi du conflit des représentations. Salah Basalamah (Canda. Université d’Ottawa)
Chinese Subtitles Lost in Translation. Henry Leperlier (France. Dublin Institute of Technology)

Atelier III :
Traduire et interpréter l’Autre

(salle 445bis au 54, bd. Raspail)
Présidente : Anne-Marie Picard-Drillien (AUP)
(Note: atelier III durera 2h: de 11h30-13h30)

La réception du néo-travaillisme.
Thibaud Rioufreyt (France. Institut des Etudes Politiques, Lyon)
Power, Indigenous Language and Interpreters: Approaching Colonial Encounters In Canada’s North, 1930-1970. Myra Rutherdale (Canada. York University)
Bridging Cultures: John Reed’s Translation of "Le Vieux Nègre et la Médaille". Felix Awung. (Lesotho. National University of Lesotho)
Jacques Ferron – both writer and translator. Angela Feeney (Irlande. ITT Dublin)

(13h-14h30)
Déjeuner : à la cantine (au sous-sol)

(14h30-16h : Ateliers IV-V)
Atelier IV :
Théories de la traduction :
littérature, philosophie et socio-philosophie
(salle 524 au 54, bd Raspail)
Président : Pierre Judet de la Combe (EHESS)

Authoring translations into Originals: The Accountability of Impossible Transmissibility in Expeditions of a Chimæra. Oana Avasilichioaei. (Canada. Auteur)
A Question of Timing: The "Last" work (Barthes/Foucault). Kate Briggs. (Royaume-Uni.)
Comment traduire Ronsard en allemand? Caroline Fischer. (France. Université de Pau)

Atelier V :
Interculturalité et musicologie.

(salle 445bis au 54, bd. Raspail)
Président : Esteban Buch (EHESS)

La traduction interculturelle dans la chanson : de Luther au 20e siècle. Philippe Desse. (France. Compositeur. Collège Landowski)
Translating Jewishness : The Berlin and Kraków klezmer scene as a site of intercultural encounters. Magdalena Waligorska. (Allemagne. European University Viadrina, Frankfurt)
Traduire le populaire poétique: Brassens en espagnol. Isabelle Marc Martínez. (Espagne. Universidad Complutense de Madrid)

(16h-16h30)
Pause Café: devant la salle 445bis

(16h30-18h : Ateliers VI-VII)

Atelier VI:
Traductions sociologiques

(salle 524 au 54, bd. Raspail)
Président: Falk Bretschneider (EHESS / FMSH)

Zur Übersetzung von Vergangenheit am Beispiel von Königsberg-Kaliningrad. Katja Grupp. (Allemagne, Université de Bielefeld)
Translation as paradigm in culturally diverse societies. Jonas Lillebø. (Norvège. Université de Bergen)
Tönnies and Durkheim on moral and political obligation. A transnational interpretation of classical sociology. Nicola Marcucci. (Italie. EHESS/ Università Milano-Bicocca)

Atelier VII :
Traduction et cultures théâtrales.

(salle 445bis au 54, bd. Raspail)
Présidente : Nicole Colin (Université d'Amsterdam)

Dance of the Seven Veils: Constructing the Subjectivity of the Masked Other in American Theatrical Culture. Drew Eisenhauer (USA. University of Maryland)
Les adaptations de V.I. Loukine et le statut de la traduction dans le développement du théâtre russe au XVIIIe siècle. Carole Chapin (France. Université de Paris III)
Theater Übersetzen. Lisa Schell. (Allemagne. Actrice. Théâtre de Düsseldorf)

(18h)
Lectures multilingues de textes autour d'un verre
(Cafétéria au 54, bd. Raspail)
Elmar Schenkel
(Allemagne. Université de Leipzig) /
textes traduits et présentes par les étudiants du séminaire «Théorie et Pratiques de la Traduction » (EHESS) et par leurs invités

Mardi
le 11 mai 2010

(9h-10h30 : Ateliers VIII-IX)

Atelier VIII :
La traduction est-elle un travestissement du texte originel ?
(Amphithéâtre au 105, bd Raspail)
Présidente : Francoise Delignon (EHESS)

Translation as co-creation: What can myth tell us about the author?
Julia Sushytska. (États-Unis. Université de Redlands)
L’autotraducteur : passeur de mots, passeur de culture. Etude d’un essai de Jorge Semprún. Valérie Capdeville-Hounieu. (France. Université de Pau)
Intercontextualité, traduction et le problème de la subjectivité à partir de la modernité. Rada Iveković. (France. Université de St. Etienne)

Atelier IX:
Traduction et arts visuels
(salle 524 au 54, bd Raspail)
Président : Jean-Marie Gallais (EHESS)

The Labours of Translation: Towards Utopia in Bruegel's Tower of Babel
. Vytas Narusevicius (Canada. University of British Columbia)
« On the collapse » : Mistranslation dans les arts. Sébastien Pluot (France. ESBA Angers / Université Paris I)
L’œuvre d’art comme parallaxe entre l’image et le langage : l’impossible traduction. Neli Dobreva (France. EHESS/ NMAH-Smithsonian Institution, USA)
(10h30-11h)
Pause Café

(11h-13h : Ateliers X-XI)

Atelier X :
Politiques de traduction et enjeux de pouvoir :
perspectives historiques
(Amphithéâtre au 105, bd Raspail)
Président : Philippe Roussin (EHESS)

Les enjeux des versions françaises de Chronicle of the Conquest of Granada de Washington Irving.
Ronald Jenn. (France. Université Lille III)
Traduction et communication des sciences sociales dans un monde babélisé : Tocqueville et "De la démocratie en Amérique". Michaël Oustinoff. (France. Université de Paris III)
Traduire les signes en sciences sociales. Sündüz Özturk Kasar. (Turquie. Université technique de Yildiz /EHESS)
L’étrange cas de John Ruskin, ou comment les traductions en français ont « oublié » sa pensée politique et sociale. Bénédicte Coste. (Angleterre. London City University)

Atelier XI :
Interprétation ou traduction ?
Eléments intraduisibles de textes théologiques
(salle 524 au 54, bd Raspail)
Présidente : Rita Herman-Belot (EHESS)

Visions coraniques du temps à travers les traductions : enjeux et retombées
. Soufian Al Karjousli (France. SUPELEC)
Heresy, Translation, and the Afterlife of Robert de Gretham’s "Miroir". David Lavinsky. (USA. University of Michigan)
Vieux mots et nouveaux sentiments. Latin, langues vulgaires et terminologie spirituelle au début du XVIIème siècle. Andrés Vélez Posada (Colombie. EHESS)
Traduction et évolution de la pensée philosophico-théologique arabo-musulmane : le cas du Mu’tazilisme. Smaïl Khris. (France. EHESS)

(13h-14.30)
Déjeuner

(14h30-16h: Ateliers XII-XIII)

Atelier XII :
Rôle et erreurs des traductions dans les théories postcoloniales
(Amphithéâtre au 105, bd Raspail)
Président: Alain Messouadi (EHESS)

From Beirut to New York: Middle East Politics and Post-Colonial Translation
. Christophe Ippolito. (USA. Georgia Institute of Technology)
La littérature « mineure » : de Kafka à la théorie postcoloniale en passant par Deleuze/Guattari : Histoire d'un malentendu fécond. Dirk Weissmann. (France. Université Paris Est)
Transcultural Contexts, Indigenous Language, and Translating the Life Stories of Poogleedee (James Sewid) and Axux (Agnes Alfred) of the Pacific Northwest Coast Kwakwakәẃakw Peoples. Robert Rutherdale. (Canada. Algoma University—Sault St. Marie, Ontario)

Atelier XIII :
Discours et pouvoir : représentation, témoignage et effacement
(salle 524 au 54, bd Raspail)
Présidente : Natalia Muchnik (EHESS)

Making sense of Ambiguous Speech: Oral History of the 1990’s Famine in North Korea
. Sandra Fahy. (France. EHESS)
Das "Fortleben" des "bloßen Lebens": Zur Leiblichkeit und Übersetzbarkeit der Wahlverwandtschaften. Takaoki Matsui. (Tokyo, Japan.)
How to translate a language that ghosts another: French behind Celan and Kerouac, Arabic below Tengour and Meddeb. Pierre Joris. (USA/Luxembourg. University of Albany—SUNY)

(16h-16h30)
Pause Café

(16h30-18h : Ateliers XIV-XV)

Atelier XIV :
Poétique et traduction de la poésie :
Rimbaud, Celan, Brossard
(salle 524 au 54, bd. Raspail)
Présidente : Clíona NíRíordáin (Paris III-Sorbonne Nouvelle)

Retranslating Rimbaud’s Fervent Cities
. Angela Carr (Canada. Toronto New School of Writing)
Tracelanguage: A Shared Breath: On Transtranslating Paul Celan. Mark Goldstein (Canada. Toronto New School of Writing)
Translation: Tonal Strain: Anagrammatic Translations of the Poetry of Nicole Brossard. Bronwyn Haslam (Canada. Montréal)

Atelier XV :
Peut/doit-on tout traduire ?
(Amphithéâtre au 105, bd Raspail)
Président : Geoffrey Gilbert (AUP)

L’œuvre des premiers traducteurs français de John Locke
. Delphine Soulard (France. Université de Toulouse I)
Translating Philosophy. Elad Lapidot (Allemagne. Berlin)
Les autobiographies de sourds, une écriture-traduction? Pierre Schmitt (France. EHESS), Andrea Benvenuto (France. EHESS/ Paris VIII)

(18h–19h)
Table Ronde « Traduire des univers - la transposition des mondes intellectuels d'une langue à l'autre par la traduction.
(Cafétéria au 54, bd. Raspail)
Animée par Olivier Mannoni (France. traducteur), avec Elmar Schenkel (Allemagne. université de Leipzig), Anne Kwaschik (Allemange. université de Berlin/ EHESS) et Pierre Joris (USA/Luxembourg. University of Albany—SUNY)

(19h)
Clôture


EN PLUS: le 12 mai 2010 à 19h
Pour fêter ce colloque, nous vous invitons à une lecture de textes écrits / traduits par des intervenants du colloque le 12 mai 2010 en partinariat avec Ivy Writers Paris. La lecture aura lieu à 19h au Le Next, 17 rue Tiquetonne 75002 Paris, m° Etienne Marcel / RER Les Halles
To celebrate this conference and its many authors and translators, we invite you to join us for a reading on May 12th 2010 at 7pm at Le Next, 17 rue Tiquetonne, 75002 Paris, M° Etienne Marcel.