dimanche 4 avril 2010

le 10 mai à 14h30: Atelier V: Interculturalité et musicologie (54, bd. Raspail)

(14h30-16h)
Atelier V :
Interculturalité et musicologie.

(salle 445bis au 54, bd. Raspail)

Président : Esteban Buch (EHESS)
La traduction interculturelle dans la chanson : de Luther au 20e siècle. Philippe Desse (France. Compositeur. Collège Landowski)
Translating Jewishness: The Berlin and Kraków klezmer scene as a site of intercultural encounters. Magdalena Waligorska (Allemagne. European University Viadrina, Frankfurt)
Traduire le populaire poétique : Brassens en espagnol. Isabelle Marc Martínez (Espagne. Universidad Complutense de Madrid)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
La traduction interculturelle dans la chanson : de Luther au 20e siècle. Philippe Desse.
Cette communication se propose de replacer les problématiques liées à la traduction dans une perspective interdisciplinaire nouvelle impliquant langue, littérature, civilisation et musique, à partir de chansons traduites. En effet, dès lors que l’on introduit la composante supplémentaire du langage musical, de nouvelles contraintes spécifiques apparaissent dans la traduction : métrique (respect des syllabes longues et courtes à caler sur les durées de notes adéautes), tons et accents à placer sur leur équivalent musical, difficultés engendrées par les langues « atones »… Contraintes restrictives ou porteuses d’un nouveau savoir-faire, d’un nouveau genre littéraire ou musical ? Cette question prend tout son sens, ne serait-ce qu’avec la traduction par Luther de la Bible gréco-latine en langue vernaculaire, à l’origine d’un genre musical inédit : le Choral, venant remplacer le chant grégorien en latin, moins propice au « calibrage » de la langue allemande. Favorisant l’émergence d’enjeux nouveau (chez Luther, volonté d’expansion religieuse), la traduction des chants constitue à d’autres époques un acte politique et culturel fort, mais non dénué d’ambiguïté : « l’importation » commerciale d’une chanson à succès traduite relève-t-elle d’une démarche protectionniste face à un éventuel impérialisme linguistique, ou bien le prépare-t-ell ? Puisque la musique constitue le « véhicule » de la traduction, on abordera en conséquence la massification du public destinataire de ces traductions, un public non plus limité à un cercle restreint d’intellectuels, mais s’étendant à la nation toute entière. A nouveau public, nouvelles exigences, qu’il convient de considérer soigneusement en cas de transplantation, surtout si la vision socio-culturelle du texte-source entre en conflict avec celle de la culture cible (exemple : la vision divergente de l’amour et des relations homme/femme selon les pays). Quel équilibre maintenir entre les désirs supposés d’un public qui n’adhérerait aux propos d’une chanson étrangère qu’au prix d’une conversion culturelle, et sa soif d’exotisme comblée par les stéréotypes habituels attachés à tel peuple ? Comment corriger un trop grand éloignement par rapport au texte-source ? (utilisation de paramètres plus ou moins exogènes à la traduction : maintien partiel de la langue d’origine, accent artificiel du chanteur, couleur locale assurée par l’aspect physique, les manières, l’habillement, instrumentation connotée…) Voilà donc quelques pistes de réflexion autour desquelles s’articulera cette communication en prenant pour exemple des chansons traduites allant de Luther jusqu’aux succès de la variété française contemporaine.

Translating Jewishness: The Berlin and Kraków klezmer scene as a site of intercultural encounters, by Magdalena Waligorska
The Berlin and Kraków klezmer scene as a site of intercultural encounters. Klezmer music, a folk genre of the Jewish communities of Central and Eastern Europe, has witnessed a dynamic revival in the last two decades. Making its way to world music festivals, clubs and discos, klezmer not only changed its original function (Jewish wedding music), but also became a transcultural phenomenon, performed mostly by non-Jewish musicians, and appealing to non-Jewish audiences. This non-Jewish appropriation of neo-klezmer provoked many controversies in Poland and Germany, with critics alarming about “virtual Jewishness”, “Jewish Disneyland” or even “cultural necrophilia”. Determined by appropriation, adaptation and cultural translation, klezmer music provides a contact zone for Jews and non-Jews, where new forms of transcultural performance, representations, discourse and identities are created. The klezmer revival not only inspires new ways of performing Jewish space, or Jewish body, but also generates a new kind of language, full of neologisms or mock-Yiddish expressions. The end-products of this translation, such as neue gojische Musik [new non-Jewish music] of the Bremen-based band Klezgoyim [goy being a Yiddish derogative for a Gentile], or the Cracovian “Chopin á la klezmer” represent the creolised, translated Jewishness, which is recognisable on a certain level to both Jews and non-Jews, but impossible to classify in a clear-cut dichotomy of Jewish vs. non-Jewish heritage. Selection, distortion and multivalent readings of klezmer made in Kraków and Berlin sometimes tend towards stereotyping and simplifications, but also reflect a desire to incorporate or “domesticate” the Other. Using postcolonial theories of contact zone, creolisation and cultural anthropofagy, I look at klezmer as a kind of creole language: basing on the building blocks of the Jewish tradition, but filtered through the sensitivity of non-Jewish Poles or Germans. I will illustrate the process of cultural translation on the klezmer scene not only with musical examples but also with visual and linguistic material.

Traduire le populaire poétique: Brassens en espagnol. Isabelle Marc Martínez.
Face aux soupçons d’impossibilité ontologique de la traduction, la traduction de chansons révèle à la fois l’extrême complexité des processus traducteurs dans les transferts culturels et leur viabilité pragmatique. En effet, dans le contexte des musiques amplifiées, considérées comme objets culturels et commerciaux, comme formes d’une nouvelle poésie populaire et médiatisée, les chansons constituent des textes hybrides où la musique, les paroles et la performance s’allient dans la construction du sens. Notamment, dans la chanson d’auteur, les paroles sont perçues comme de véritables textes poétiques, définis, en tant que tels, par leur poids sybmolique-sémantique et par leur littéralité et immutabilité. C’est pourquoi, la traduction de chansons a recours aussi bien aux mécanismes de la traduction audiovisuelle qu’à ceux de la traduction poétique. De la seule traduction de paroles, publiées sous forme de livre, à l’enregistrement d’une version librement adaptée, il existe des modalités différentes, affichant des stratégies et des skopos variables dans chaque cas. En sa qualité d’exemple proéminent de cette problématique générale, nous analyserons la réception /traduction /adaptation dans le contexte hispanophone de l’oeuvre de Georges Brassens, un des mythes culturels de la France du XXe siècle, Prix de la poésie pour l’ensemble de son oeuvre en 1967. Qui traduit Brassens en Argentine, au Chili ou en Espagne? Pourquoi ? Quel est le skopos idéologique, symbolique et commercial de ces traductions? Dans quelle mesure ont-elles remplacé l’original dans les versions à succès telles que « La tormenta » de Javier Krahe ou « La mala reputación » de Loquillo? Comment le public français perçoit-il les chansons de Brassens lorsqu’elles sont interprétées par Paco Ibáñez à l’Olympia? Quel est le poids de ces traductions dans la configuration symbolique, culturelle et identitaire des cultures d’arrivée? Nous nous interrogerons donc sur les enjeux des chansons en tant qu’objets traductologiques et en tant qu’éléments décisifs dans la construction des cultures populaires transnationales contemporaines.

BIOS:

Philippe Desse
: est professeur agrégé de musique et titulaire d’un D.E.A d’études germaniques, compositeur de musiques de scène (comédies musicales, opéras de chambre, etc.), membre du jury aux épreuves pratiques du CAPES, a participé à des émissions radiotélévisées. Domaine de recherches : interdisciplinarité langues/musique (allemand, anglais, latin, hébreu), application à la pédagogie des langues par le biais de la musique.

Magdalena Waligórska
: holds a PhD in history from the European University Institute in Florence, where, in 2009, she completed her dissertation on the klezmer scene in Kraków and Berlin. She is currently a research fellow of the Deutsches Polen Institut in Darmstadt and teaches at the Department of Cultural Studies of the European University Viadrina in Frankfurt (Oder). Her publications include, among others, articles in Osteuropa, Polish Sociological Review and Ethnomusicology. She is also the co-editor of Cultural Representations of Jewishness at the Turn of the 21 Century, forthcoming 2010.

Isabelle Marc Martínez
(Universidad Complutense de Madrid) : Diplômée de l’Université de Salamanca et de l’Écoles Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs de Paris, docteur en Philologie Française par l’Université Complutense de Madrid où elle enseigne la Traduction depuis 10 ans, elle a publié un livre et plusieurs articles sur les enjeux poétiques et esthétiques du rap français. Par ailleurs, elle est traductrice éditoriale (+ de 18 ISBN) et traductrice assermentée. Ses thèmes de recherche sont la culture française contemporaine (musique amplifiées et roman) et la traduction.

le 10 mai à 16h30: Atelier VI : Traductions sociologiques (54, bd. Raspail)

(16h30-18h)
Atelier VI :
Traductions sociologiques.

(salle 524 au 54, bd. Raspail)

Président: Falk Bretschneider (EHESS)
Vom Königstor zu den königlichen Toren. Zur Übersetzung von Vergangenheit am Beispiel Königsberg-Kaliningrad. Katja Grupp (Allemagne, Université de Bielefeld)
Translation as paradigm in culturally diverse societies. Jonas Lillebø (Norvège. Université de Bergen)
Tönnies and Durkheim on moral and political obligation. A transnational interpretation of classical sociology. Nicola Marcucci (Italie. EHESS/ Università Milano-Bicocca)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
Vom Königstor zu den königlichen Toren. Zur Übersetzung von Vergangenheit am Beispiel Königsberg-Kaliningrad. Katja Grupp.
Die Universitätsstadt Königsberg lag ganz am östlichen Rand des deutschen Reiches. Heute befindet sie sich im Westen Russlands und heißt Kaliningrad. Kann die Stadt, als kultureller Raum, transferiert werden? Was geschieht mit kulturellen Denkmälern der Stadt? In wie weit lassen sich Kultur-Zeichen über- bzw. neu besetzen? Kann anhand von Übersetzungen von einer Aneignung der fremden Kultur gesprochen werden? Ist die Bedeutung von Kulturdenkmälern an die Identität der Stadt gebunden? Kann sich in einer Übersetzung eine neue Identität formieren? Gibt es eine Unübersetzbarkeit des Ortes? Wie bildet sich die Identität des Ortes mit dem Einzug der neuen Bewohner, der neuen Sprache? Das kulturelle Gedächtnis, der Speicher von Geschichte und Geschichten bekommt durch die Neu/Umbesiedlung des Orts eine neue Bedeutung. Inwiefern diese Beispiele charakteristisch für die Übertragbarkeit von Bedeutung im europäischen Kontext sein könne, soll anhand von Beispielen überlegt werden. Ausgehend von der Idee des „kulturellen Gedächtnisses“ wird davon ausgegangen, dass Kultur als eine Sichtbarmachung von Codes verstanden werden kann (Lotman). Lotman spricht von der Semiosphäre. Die Codierung und Decodierung des (kulturellen) Raums wird hier als dynamischer Prozess verstanden. Der Bedeutungsraum ist mit einer Vielzahl an semiotischen Codes gefüllt, die sich zueinander verhalten (in asymmetrischen Machtpositionen zueinander stehen) und in einen Übersetzungsprozess treten. Bei der Verschiebung der intendierten Bedeutung von einer Sprache, einer Kultur in eine andere kann es zu „Übersetzungsfehlern“ kommen, so dass eine neue Bedeutung entsteht. Die Bedeutungsgenerierung wird als Zentrales Moment im Kommunikations-Prozess gesehen. Am Beispiel Königsbergs/Kaliningrads soll versucht werden die Übersetzung von (Kultur-) Sprache mit der Topografie des Ortes zu verknüpfen.

Translation as paradigm in culturally diverse societies by Jonas Lillebø
The paper aims to present some parallels between Paul Ricoeur’s understanding of translation between texts and languages, and problems in culturally diverse societies. In recent national and European approaches to cultural diversity the term interculturalism has been initiated, in a wide sense, as an attempt to rectify a political insensitivity towards the cultural background of its citizens, and to avoid the impasses in multicultural approaches by underlining once again the precedence of democracy, rule of law and human rights. However, as an analytical concept it still lacks an element that mediates between the cultural specificity and the universal norms and ideals. The concept of translation as it is developed by philosopher Paul Ricoeur in Sur la traduction might be a fruitful contribution to such a mediation. Here he proposes a displacement from a theoretical to a practical approach to translation. The theoretical approach to translation is concerned with the question if translation is possible and entails either the answer no, all languages are radically different, or yes, with a foundation in a common origin or a priori structures. The practice of translation on the other hand deals with the tension between treason and faithfulness to the reader and the author. The outcome of this tension is what Ricoeur calls“equivalence without identity”. The translation creates something which is the same as, but not identical with, the authors language. I aim to examine two things: how the problem of coexistence in culturally diverse societies requires a displacement, similar to what Ricoeur proposes in translation, from the theoretical question if we can live together to the practical question how are we living together. And secondly ask the question if a successful coexistence might be dependent on our ability to create types of “equivalence without identity”.

Tönnies and Durkheim on moral and political obligation. A transnational interpretation of classical sociology by Nicola Marcucci.
Historians have since long shown the weakness of the concept of “national tradition” regards the rise of sociology during the last part of XIX century. Raymond Aron’s opposition of French and German traditions, is put aside for new transnational approaches. But these kinds of approaches engender some issues.The comparison of Ferdinand Tönnies’ and Émile Durkheim’ theories of modernization could be really useful to enlighten this problematic. Even if their major works Gemeinschfat und Gesellschaft (1887) and De la division du travail social (1893) conceive modernization as a process opposing two different forms of social relation - wesenwille/kurwille; solidarité mecanique/solidarité organique - these concepts can’t be translated one into the other. This difficulty is not reduced by the commentaries that they both dedicated to their respective works (1889; 1896), emphasizing their theoretical differences but acknowledging the existence of a common historical realm.How to interpret these theories neither “obscuring” their common context nor “inventing” a comprehensive but a-historical – Parsons like - meta-language? My aim is to overcome this methodological problematic focusing my analysis on a common target of Tönnies and Durkheim’s books: the political theories of “obligation” and more specifically of contract and natural law theories. As well shown by the chapters dedicated on one side to the opposition of solidarité contractuelle et solidarité organique and on the other side to the Soziologische Gründe des Naturrechts, the moral and political problematic of obligation is a common preoccupation of both authors. Sociology seems to guarantee them a new epistemological realm for the study of political and juridical problems, but their solutions concerning the relation between the new science of society and classical political problems differ radically opening a passage for a transnational interpretation of the emergence of classical sociology.

BIOS:


Katja Grupp:
Kurzbiographie: 1993-2002: Studium der Slavistik, Osteuropäischen Geschichte, BWL und DaF in Bonn; 2002-2004: Dozentin für Deutsch als Fremdsprache in Köln; 2005-2009: DAAD-Lektorin in Kaliningrad, Russland. 2009 bis heute: Promotion an der Universität Bielefeld an der Fakultät für Linguistik und Literaturwissenschaft; Deutsch als Fremd- und Zweitsprache. Thema: „Kaliningrader Studierende sprechen Deutsch über Deutschland. Eine empirische Untersuchung zum Deutschlandbild russischer Studierender“. Betreuer: Prof. Uwe Koreik.

Jonas Lillebø
: est depuis l`automne 2008 Ph-D-student en philosophie à l`université de Bergen, où il fait une thèse sur des diversités culturelles en Norvège sous la direction de Professeur Paola de Cuzzani. Master en philosophie, 2007, sur la thèse Rationalité scientifique entre l`histoire et vérité. La notion de précurseur dans l`histoire de l`immunologie. Il a écrit des articles en norvégienne et en anglais sur Michel Foucault, Georges Canguilhem, Bruno Latour et Jean-Loup Amselle.

Nicola Marcucci est post-doctorant dans le département de Sociologie et Recherche Sociale de l’Université Milano-Bicocca et membre associé du GSPM de l’EHESS. Sa recherche concerne l’histoire morale et politique de la naissance de la sociologie en France et en Allemagne (1880-1915). Il a publié plusieurs articles en diverses langues concernant la philosophie moderne et contemporaine et l’histoire de la sociologie. Il a récemment codirigé, avec Luca Pinzolo, l’ouvrage Strategie della Relazione. Riconoscimento, transindividuale, alterità, Roma, Meltemi, 2010.

le 10 mai à 16h30: Atelier VII : Traduction et cultures théâtrales (54, bd. Raspail)

(16h30-18h)
Atelier VII :
Traduction et cultures théâtrales.

(salle 445bis au 54, bd. Raspail)

Présidente: Nicole Colin (Université d'Amsterdam)
Dance of the Seven Veils: Constructing the Subjectivity of the Masked Other in American Theatrical Culture. Drew Eisenhauer (USA. University of Maryland)
Les adaptations de V.I. Loukine et le statut de la traduction dans le développement du théâtre russe au XVIIIe siècle: enjeux et représentations. Carole Chapin (France. Université de Paris III)
Theater Übersetzen. Lisa Schell (Allemagne. Actrice. Théâtre de Düsseldorf)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
Dance of the Seven Veils: Constructing the Subjectivity of the Masked Other in American Theatrical Culture by Drew Eisenhauer.

As Edward Said maintained, the West’s knowledge of the East is not derived from facts, but through “imagined constructs” of the East as antithesis of the West. One of these imagined constructs is the Western theatre visionary’s fantasy of escaping historical and cultural contexts and language differences by appealing to a “deeper” or more fundamental human expression—gesture— as it is represented in the ritual and drama of Eastern cultures. However, postcolonial scholars such as Rustom Bharuca have taken to task some of the major practitioners of Western theatrical theory and practice. Bharuca, for example, writes of Peter Brook's adaptation of the Mahabharata, that it "exemplifies one of the most blatant (and accomplished) appropriations of Indian culture,” a “reordering of non-western material within an orientalist framework …designed for the international market.” I am most interested in how Bhracua and other commentators discuss the appropriation by western theatre of gesture and movement. Of Grotowski, Bharacua points out his “use of Yoga and Kathakali exercises in his Theatre Laboratory was entirely pragmatic and non-reverential.” Of Richard Schechner, Bharcua warns, “The most virtuosic display of the gestures and movements in a ritual can be ultimately false if they are emptied of content…. Schechner seems more eager to synthesize underlying patterns of structure process in different performance traditions rather than to confront their individual histories.” Of course theatre visionaries from the 1960s were only continuing a tradition of orientalism that was already well under way on Western stages during the modern period. My own scholarship focuses on the emerging modernist theatre in the United States from 1900-1920, particularly in the work of such legendary groups as the Chicago Little Theatre, the Washington Square Players, and the Provincetown Players. Stylized movement in early modernist productions was often based on various misapprehended visions of the rituals of elementary and eastern cultures. Some productions of these groups were influenced by Max Rinehart’s oriental pantomime Sumurun (1912), such as Rita Wellman’s The String of the Samisen (1917), or on other eastern cultures such as modernist poet Alfred Kreymborg’s Lima Beans (1916), that the author termed “an inoffensive parody” of certain Balinese dances. Islamic culture was also mined for movement such as in the famous “Dance of the Seven Veils” from Wilde’s Salomé. A notable run by Italian actress Mimi Aguglia on Broadway in 1913 was covered by the young modernist writer Djuna Barnes, who satirized the histrionics of Aguglia’s “epic of undulating spaghetti, turmoil of tragic chiffon, [and] damp spurning feet.” Thus the paper will explore a wide range of what poses on the western stage for the translation of elementary and eastern ritual, but which are in fact deconcontextualized forms of movement conditioned by western ethnocentrism. The use of gesture is a semiotic pose—audiences and performers are led to believe that they are experiencing the language of another culture, but this is not in effect translation, not the uncovering of “pure language” as described by Benjamin. While individual instances of gesture in avant garde theatre may be useful as a political intervention, my paper will focus on how the loss of social context encourages the misrepresentation of gender roles, such as the orientalist notion that Eastern cultures possess an uninhibited sexuality, and how the loss of historical context blunts resistance to colonialism and will suggest more informed approaches to intercultural uses of movement in avant-garde performance.

Les adaptations de V.I. Loukine et le statut de la traduction dans le développement du théâtre russe au XVIIIe siècle: enjeux et représentations. Carole Chapin.

Retraçant l’histoire du développement du théâtre russe, on doit souligner l’importance du rôle du dramaturge et traducteur Vladimir Ignatievitch Loukine (Владимир Игнатевич Лукин, 1737-1794). Pourtant, on ne trouve qu’une pièce réellement originale dans toute son oeuvre, composée essentiellement de traductions, ou, selon sa formule « d’adaptations à nos mœurs » (« склонение на наши нравы»). La carrière de dramaturge de V.I. Loukine est marquée par le succès, en 1765, de la représentation de sa pièce Le prodigue corrigé par l’amour (Моть любовию исправленной) et par l’énergique polémique qui a suivi celle-ci dans les revues satiriques russes des années soixante. C’est cette polémique que nous nous proposons d’étudier, à partir d’extraits des périodiques impliqués dans l’affaire : Pot-Pourri, le Mélange, le Bourdon, etc.. (Всякая Всячина, 1769-70; Смесь, 1769; Трутень 1769-70, и пр...) Nous verrons de quelle façon les attaques dirigées contre Loukine sont intrinsèquement liées à la question de la traduction au XVIIIe siècle, à son statut ambigu à une époque qui cherche à représenter sur les planches les caractères nationaux, autant qu’elle se définit par son cosmopolitisme. Loukine est successivement accusé de plagiat inavoué de Destouches, et critiqué pour sa pratique même de l’adaptation, traduction infidèle ou imitation servile, quand ses défenseurs revendiquent les bienfaits des adaptations pour le développement du théâtre et de la langue russe, progressant par l’imitation. Si la pratique de l’adaptation, quoique participant à la recherche d’un théâtre « national », est effectivement problématique, la polémique qui l’entoure permet à ses ennemis et défenseurs de théoriser la pratique de la traduction littéraire et celle du théâtre. Ces théories, comme les trouvailles linguistiques nées des problèmes de traduction de Loukine, seront profitables aux grands auteurs « nationaux » de la fin du siècle. Ainsi, à travers l’œuvre de V.I. Loukine, nous pourrons envisager la traduction par son aspect imitatif, riche par la transmission des savoirs et des idées ; par son aspect créatif, comme principe de variation et de transposition, source de curiosités esthétiques et linguistiques ; et enfin par sa réception.

Theater Übersetzen. Lisa Schell.

ÜBER-SETZEN- von einem geschriebenen Text in die Sprache des Theaters. Dies ist ein ganz anderer Prozeß als das Lesen eines Textes, das Lesen einer Übersetzung. Die Sprache des Theaters besteht aus Mimik, Gestik, Aktion und Art und Weise der Aussprache. Um einen Text in die Sprache des Theaters zu übersetzen, bedarf es des Schauspielers, ohne ihn kommt diese Übersetzung auf die Bühnen, die die Welt bedeuten nicht zustande, sie wird von ihm verkörpert und dargestellt. Die Übersetzung eines Theatertextes in einen Bühnentext bedeutet, diesen Text in Aktion in eine Handlung zu übertragen. Nicht nur der bloße Wortinhalt ist dabei von Bedeutung, sondern die Art und Weise wie eine Figur sie zum Ausdruck bringt und mit ihm und durch ihn agiert, sie ihn im wahrsten Sinne des Wortes im Spiel verkörpert. Jedes Theaterstück ob Gegenwart oder Historie bedarf der Übersetzung in eine Inszenierung der Gegenwart. Von dieser Kunst der Übersetzung wäre zu sprechen oder besser gesagt, zu handeln.

BIOS:

Drew Eisenhauer is a Ph.D. (2009) in Literature from the University of Maryland, where he is lecturer in English. His dissertation on the avant garde and the plays of the Provincetown Players was directed by Jackson R. Bryer. Eisenhauer has published five articles and is co-editing with Brenda Murphy a proceedings volume from the 2010 American Literature Association conference. Drew has also presented numerous conference papers relating to politics and gender in early modernist American theatre, appearing recently at Colloque Théâtre et Nation at the Université du Maine, Le Mans, France, and Violence on Stage: III International Conference on American Theatre and Drama, Universidad de Cadiz, Cadiz, Spain.


Carole Chapin est allocataire-monitrice à la Sorbonne-nouvelle, où elle prépare une thèse de littérature comparée consacrée aux périodiques et à leur rôle dans les relations littéraires franco-russes au XVIIIe siècle (cf Conceptions et pratiques de la polygraphie dans les journaux russes et français au XVIIIe siècle, Actes du colloque de jeunes chercheurs La Polygraphie à l’époque moderne, Paris, 2009 (à paraître)). Elle enseigne à l’UFR de littérature française de Paris III et pratique parallèlement des activités de traduction et d’interprétariat littéraire et scientifique en russe, français et anglais (cf Colloque Elisabeth, impératrice de Russie, Paris, 11 et 12 décembre 2009, actes du colloque à paraître).

Lisa Schell,
Schauspielerin und Performerin Studium als Schauspielerin in München, Boston Harvard University, Performing arts und Berlin Weiterbildungsmanagenemt;, Trainerin für interkulturelle Kompetenz Schauspielerin in München, New York, Boston, Berlin, Ferrara, Sarajevo, Düsseldorf; zahlreiche internationale Theaterprojekte u. a. Theater der Welt 98 in Berlin, Kleist-Festtage Berlin-Brandenburg, Nationaltheater Sarajevo, Antiken-Zyklus Düsseldorfer Schauspielhaus, China trifft auf Düsseldorf, Israel-Projekt in Zusammenarbeit mit dem Düsseldorfer-Schauspielhaus, Theaterarbeit in Bosnien-Herzegowina, Gründung der Theaterkarawane Dromedar in Brcko, Gastspiele in Berlin, Sarajevo, Mostar, Zagreb, Belgrad, Graz; Auszeichnungen beim Theaterfestival Bukarest, Theaterfestival Sarajevska Zima, Sarajevo, Unesco-Preis im „ Jahr des Dialogs 2000 für Nathan in Sarajevo; Verschiedene eigene Bühnenprogramme als Schauspielerin und Performerin: u.a. Die Unerwartete – auf den Spuren der Philosophin Simone Weil; Rose Ausländer – Im Atemhaus wohnen ; Exil – mein Land, Inge Deutschkron, Emigranto; “Die Welten der Gertrud Kolmar “ ein szenisches Triptychon. Derzeit Mitarbeit an dem Film „Grenzorte der Kolmar“: In Vorbereitung: “Hotel Stern – They walk alone – The kindness of strangers in New York”.

samedi 3 avril 2010

le 10 mai à 18h: Soirée lecture avec Elmar Schenkel

(18h)
Lectures multilingues de textes autour d'un verre
(Cafétéria au 54, bd. Raspail)

Elmar Schenkel
(Auteur allemand, traducteur, directeur d'études à l'Université de Leipzig)
textes traduits et présentes par les étudiants du séminaire «Théorie et Pratiques de la Traduction » (EHESS) et leurs invités

BIO-Biblio:
Elmar Schenkel: né près de Soest en Westphalie, il a étudié des langues étrangères et la philosophie à Marburg et Freiburg. Il a enseigné en France, en Grande Bretagne, aux États Unies et en Russie. Depuis 1993 il travaille en tant que directeur d'études dans le département d'anglais de l’université de Leipzig. Il est co-éditeur de diverses revues littéraires et auteur de nobreux poèmes, contes, romans et livres de voyages. Il traduit également la poésie anglaise (Ted Hughes et al.) et écrit des contes pour les revues moscovites Schrumdi et Schrumdirum. Ses publications les plus récentes sont une biographie de Joseph Conrad (2007) et des monographies ayant pour thème le rôle de la bicyclette dans la littérature (2008) et les "excentriques" de la science (2009). http://www.uni-leipzig.de/~literatu/index.html?mitarb_schenkel.htm.

Liste de ses oeuvres en allemand:
dannn schreib ich dir welche auf:
Die andere Reise, Prosa, 1981
John Cowper Powys, Diss. 1983
Mauerrisse, Prosa 1985
In Japan -Reisetagebuch 1986
Blaenau Ffestiniog, Prosa 1987
Massachusetts, Reisebuch 1991
Sense of Place - Raum und Regionalitaet in der britischen Lyrik, Habilschr. 1993
Der aufgefangene Fall / Essays 1993
Blauverschiebung, Gedichte 1992
Der westfaelische Bogenschuetze, Roman 1998
Ein Laecheln und zwei Fragezeichen, indisches Reisetagebuch, 2001
HG Wells, der Prophet im Labyrinth, Biographie, 2001
Das sibirische Pendel / Reisen in Russland, 2005
Die elektrische Himmelsleiter, Essays 2005
Ichverspaetungen, Aphorismen, 2006
Fahrt ins Geheimnis, Joseph Conrad, Biographie 2007
Cyclomanie, Fahrrad und Literatur, Essay 2008
Stille Post und zurueck, Prosa 2008
Leise Drehung, Roman 2009

Uebersetzungen>-
Ted Hughes, Kraehe, 1986
- Basil Bunting, Briggflatts u. a. Gedichte, 1993
- Iain Crichton Smith, Segel aus Salz, Gedichte 2008
und weitere Gedichte von Michael Hamburger, Tessa Ransford, Glyn Maxwell
u.a.
aus dem Frz> Roger Caillois (ein Prosastueck)

le 11 mai, 9h: Atelier VIII: La traduction est-elle un travestissement du texte originel? (105, bd Raspail)

(9h-10h30)
Atelier VIII :
La traduction est-elle un travestissement du texte originel ?

(Amphithéâtre au 105, bd Raspail)

Présidente : Francoise Delignon (EHESS)
Translation as co-creation: What can myth tell us about the author? Julia Sushytska (États-Unis. Université de Redlands)
L’autotraducteur : passeur de mots, passeur de culture. Etude d’un essai de Jorge Semprún. Valérie Capdeville-Hounieu (France. Université de Pau)
Intercontextualité, traduction et le problème de la subjectivité à partir de la modernité. Rada Iveković (France. Université de St. Etienne)


Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
Translation as co-creation: What can myth tell us about the author by Julia Sushytska.
The question of the text’s translatability arises only in the context where a strict distinction is maintained between the original and its copy, that is, it can emerge as a problem in the literary societies, or cultures build around phonetic alphabet.[1] It is in such cultures that the notion of authorship coalesces—the notion that includes the idea that an individual, or the self originates a literary work, and gives this work a specific form that ought to remain changeless throughout its consequent reproductions. Even if we are lead to believe that it is possible to adhere to this principle of the unalterability when we are dealing with the language of the original, we are faced with its inapplicability when it comes to translation—after all it is impossible to deny the difference between any two languages. If we were to consider the context of an oral culture, however, we would notice that in it there is no author, and so such problem. Its “texts”—myths—do not claim to have stable form. In fact, they cannot, since it is impossible to check them against any earlier instance of their iteration. Every oral text exists only in the process of being created. Moreover, it has multiple authors—each one reciting it becomes a co-author. Drawing upon these observations I will argue that we need to reconsider the opposition between the original and the copy in the literary culture. I will draw on the work of Gilles Deleuze who successfully challenges this dichotomy, thereby enabling us to rethink the notion of authorship: instead of one single author we need to conceive of a text as co-authored by both its readers and translators.
[1] Cf. Walter J. Ong, Orality and Literacy: The Technologizing of the Word, London: Routledge, 1991.

L’autotraducteur : passeur de mots, passeur de culture. Etude d’un essai de Jorge Semprún. Valérie Capdevielle-Hounieu.
On sait depuis Saussure qu’il n’y a pas d’équivalences exactes d’une langue à l’autre. La traduction, celle en particulier de textes ayant une dimension esthétique ou littéraire, est donc un art du saisissement et de la restitution toujours imparfaite d’une nuance. Qu’en est-il alors de l’autotraduction ? Cette question se pose essentiellement dans le cas des écrivains en langue seconde tels que Jorge Semprún, Espagnol dont la production est majoritairement en français. Carlos Fuentes se fait l’écho du fantasme d’autotraduction en s’ouvrant de la possibilité qu’aurait eue Jorge Semprún d’écrire et réécrire son premier roman, Le Grand Voyage, par le jeu de l’autotraduction. Chaque livre, l’original et originel en français, puis l’espagnol, puis une nouvelle traduction en français, et cela à l’infini, aurait été, de l’aveu de Semprún, « un livre différent ». Pourquoi l’autotraduction est-elle, au même titre que la traduction, une réécriture ? Du fait du bilinguisme et du biculturalisme de l’auteur concerné, ne pourrait-on attendre de l’autotraduction une plus grande fidélité au texte d’origine ? Est-elle en mesure de transcrire la part proprement culturelle d’une langue ? En a-t-elle d’abord l’intention ? Jorge Semprún a été une fois le traducteur de son propre texte. Il s’agit du récit de son expérience en tant que Ministre de la Culture du gouvernement de Felipe Gonzalez, Federico Sanchez vous salue bien (1993). Son statut de témoignage et de réflexion politiques et sociologiques expliquent en partie la spécificité de ce travail : entre fidélité au texte premier et liberté créatrice, c’est surtout la prise en compte et l’adaptation au lectorat visé qui ont présidé à l’écriture de Federico Sanchez se despide de ustedes. Pour satisfaire l’attente et favoriser la compréhension du lecteur espagnol dont les références sont différentes, l’écrivain réoriente son texte. Il conviendra donc d’analyser l’influence de la réception sur la traduction de Semprún du point de vue de la sélection des informations, des ajouts, de l’insertion de mots en français, etc. On s’attachera au discours métanarratif relatif à la traduction qui parsème le texte et à la comparaison des deux versions de l’essai afin de mettre en lumière le dialogue entre la langue/la vision du monde qu’elle véhicule et la traduction d’un texte.

Intercontextualité, traduction et le problème de la subjectivité à partir de la modernité. Rada Iveković.
La modernité fut l’une des grandes disjonctions qui ont gelé certaines normes historiques en les rendant exemplaires: depuis ce temps, la modernité occidentale (d’abord occidentale, puis “occidentale” et finalement “universelle”…) a construit une origine généalogique ininterrompue pour ses propres concepts et épistèmês en tant qu’”universels” pour les proposer/imposer à la planète. Dans le même temps, la figure du sujet est construite par une division et un partage porteur de significations opposées. A partir de la modernité, il y eut continuité pour l’”occident” et interruption pour les cultures, histories et langues non européennes. Pour ces dernières il n’y a en effet que discontinuité d’avec leurs propres antiquités, vu du point de la modernité occidentale. Les modèles d’exclusion, de sélection et d’exception de la modernité, qui posent le sujet comme une figure “autonome”, spéculaire et complémentaire à la souveraineté (étatique) n’ont pas complètement disparus aujourd’hui, et ils renvoient à un modèle hégémonique dominant. Nous voyons la traductions comme étant inhérente au langage, et non pas comme quelque chose qui se passe (simplement) entre les langues. C’est une négociation permanente de déplacements culturels et autres. Nous considérons alors qu’elle est intercontextuelle.

BIOS:
Julia Sushytska is Assistant Professor of Philosophy at the University of Redlands. Her research focuses on the problem of philosophy’s emergence in Ancient Greece, especially in the works of the pre-Socratics and Plato, as well as on the recent effort of Gilles Deleuze and Alain Badiou to rethink philosophy’s task. Her manuscript entitled Originary Metaphysics: Why Philosophy has not Reached its End is currently under review with Northwestern University Press. She has also written on the philosophical significance of Eastern Europe.

Valérie Capdevielle-Hounieu
: Doctorante en Langue et Littérature françaises à l’Université de Pau, Valérie Capdevielle-Hounieu travaille sur le bilinguisme et le biculturalisme de l’écrivain Jorge Semprún. Valérie Capdevielle-Hounieu a notamment communiqué et publié (en France et à l’étranger) autour des questions du métissage littéraire, de l’identité ou du renouvellement du genre autobiographique dans la littérature contemporaine. Membre élu du Conseil de la Recherche et du Conseil de l’Ecole Doctorale 481, Laboratoire de Poétique et histoire littéraire, Université de Pau et des Pays de l’Adour.

Rada Ivekovic, philosophe indianiste, directrice de programme, Collège international de philosophie, Paris, professeure à l’Université de Saint-Etienne, a enseigné dans plusieurs pays. Publications : Selection : La balcanizzazione della ragione, manifestolibri, Roma 1995; Le Sexe de la philosophie. Jean-François Lyotard et le féminin, L'Harmattan, Paris 1997; Autopsia dei Balcani. Saggio di psico-politica, Cortina, Milan 1999; Le sexe de la nation, Paris, Léo Scheer 2003; Dame Nation. Nation et différence des sexes, Ravenna, Longo 2003; Captive Gender. Ethnic Stereotypes & Cultural Boundaries, Delhi, Women Unlimited, 2005; with S. Bianchini, S. Chaturvedi, R. Samaddar, Partitions. Reshaping States and Minds, Routledge 2005; reprint Delhi 2007.

le 11 mai, 9h: Atelier IX: Traduction et arts visuels (54, bd Raspail)

(9h-10h30)
Atelier IX:
Traduction et arts visuels.

(salle 524 au 54, bd Raspail)

Président : Jean-Marie Gallais (EHESS)
The Labours of Translation: Towards Utopia in Bruegel's Tower of Babel. Vytas Narusevicius (Canada. University of British Columbia)
« On the collapse » : Mistranslation dans les arts. Sébastien Pluot (France. ESBA Angers / Université Paris I)
L’œuvre d’art comme parallaxe entre l’image et le langage: l'impossible traduction. Neli Dobreva (France. EHESS/NMAH-Smithsonian Institution, USA)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
The Labours of Translation: Towards Utopia in Bruegel’s Tower of Babel by Vytas Narusevicius.
The two remaining paintings of the Tower of Babel by Pieter Bruegel the Elder appear to embody an anticipation of a multiplicity of tongues in the same way that theorist Louis Marin describes Thomas More’s Utopia as having an “anticipating, but blind, judgement.”[1] In other words, More’s Utopia and Bruegel’s Towers are not conventional representations of a realized vision, but rather they can be understood as a process where a utopian ideal is yet to be discovered. The utopian discourse that is present in the works of Bruegel and More allows a modernizing sixteenth-century society to represent itself critically to itself, thus becoming useful to its audience by enabling a kind of problem solving capacity to think through the emerging social, political and cultural changes. Bruegel’s paintings are clearly translating a biblical story into a ‘speaking picture’ by depicting a ziggurat-like tower reaching towards the heavens, yet at the same time they appear to be doing something more by recreating an event, albeit a mythical event, and its consequences. There is a multitude of sources that have come together to inform Bruegel’s original paintings, yet there is a multiplicity of contradictions depicted within them and, not surprisingly, there is a plurality of translations or interpretations. The point of departure for this paper is that within this multiplicity of tongues and labours of translation there is a kind of bewildering individual freedom that can be said to have risen out the ruins of Babel. Bruegel’s representation of the contrast between the floundering hubris of a King and the industriousness of his subjects involves the translating or re-authoring of the original story, which also implies a challenging of the authority of the original and the subsequent importance of both the process of translation and self-narration for any kind of social transformation. In Bruegel’s Towers, I am interesting in analyzing whether the notion of translation and labour can help locate how, and whether, these paintings speak in both a utopian spirit of social critique and to a resistance of authority.
[1] Louis Marin, Utopics: Spatial Play (New Jersey: Humanities Press Inc., 1984), 163.

« On the collapse » : Mistranslation dans les arts. Sébastien Pluot.
Depuis le mythe babélien d’une langue unique et universelle, les recherches d’une langue philosophique fondée sur les mathématiques de Leibnitz, les théories des correspondances, les efforts de Kandinsky pour élaborer une science de l’art basée sur un lexique universel, et plus récemment l’idéologie positiviste d’une traduction sans perte aidée par l’informatique, le fantasme d’une communication immédiate traverse chaque époque. Opposée à ce fantasme, l’opacité, la posture de l’ineffable et de l’indicible semble être le versant tragique de la transparence. Il sera question d’interroger la manière dont certaines pratiques artistiques ont dépassé ces deux postures pour proposer des formes dialectiques qui rejoint les formulations de Jacques Derrida lorsqu’il évoque la situation de double Bind inhérent à tout processus de traduction. Cette intervention reposera sur une exposition dont je suis co-commissaire « Double Bind, Arrêtez d’essayer de me comprendre », qui développe cette problématique au Centre National d’Art Contemporaine de la Villa Arson. (Février / mai 2010)

L’œuvre d’art comme parallaxe entre l’image et le langage : l’impossible traduction. Neli Dobreva.
En septembre 2002, l’artiste new yorkais Eric Fischl, connu depuis les années 1970 pour son travail figurative installe, au Center Rockefeller à New York, son nu féminin, grandeur nature, bronze, intitulé Tumbling Woman (2001-2), représenté en position de chute libre, soulevé à quelques mètres du sol, en apparence éternellement suspendue : un corps féminin qui chute, dans un moment insaisissable – juste avant de toucher le sol ! Après seulement une semaine d’exposition, la sculpture Tumbling Woman (2001-2), dédiée à une amie ayant périe dans les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, est couverte d’un drap et enlevée à cause de l’outrage publique. En contraste, un nu féminin d’Auguste Rodin, découvert parmi les restes humains et les débris des avions, à la déchèterie « Fresh Kills » de Staten Island, a été réhabilité malgré son état de fragment : une place spéciale dans la collection du New York State Museum, dédiée aux attentats, lui a été attribuée. La problématique que ces deux œuvres pose se reconnaît dans la thèse de l’« image à transformation » (Deleuze) : d’abord en termes du visuel (d’image plastique, du corps) et du réel ; deuxièmement, de représentation - qui est de l’ordre discursive et donc du langage (comment décrire l’horreur ?). Pourquoi ce corps fragmenté, morcelé (en termes de Lacan), du nu de Rodin n’a pas sollicité de l’outrage public, tandis que Tumbling Woman a été condamnée à être « voilée » ? C’est un exemple de conflit entre identité culturelle (le tabou qui plane sur l’image de la mort dans la société américaine dû à son discours d’exceptionnalisme) et transmission de formes de connaissance culturelle. Serait-ce un exemple qui fait figure de parallaxe comme illusion d’être capable d’utiliser le même langage pour des phénomènes qui s’expriment en perspectives et entre qui aucune synthèse ou médiation n’est possible (Kant, Zizek) alors que sur l’image il y a toujours l’ombre de l’écriture (Boehm) ? Ainsi, serait-ce démontrer, en termes Benjaminiens, « l’impossibilité de la théorie de l’image-copie », les limites mêmes de traduire le réel et sa représentation ?

BIOS:
Vytas Narusevicius is a PhD student at the University of British Columbia in Vancouver, Canada. His interests are in the notion of pedagogy as art, and in particular contemporary artists who use pedagogy and academic research as integral aspects of their artistic practices. Vytas is working with UBC faculty members, Serge Guibaut, Catherine Soussloff, and Bronwen Wilson. Prior to UBC, Vytas received a Master of Applied Art in Visual Art at Emily Carr University and has exhibited his artwork internationally.

Sébastien Pluot est historien de l’art et commissaire indépendant. Il enseigne à l’Ecole Supérieure des Beaux Arts d’Angers et à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Commissaire indépendant, il a réalisé récemment un programme de recherche et d’exposition intitulé Living Archives à l’Esba Angers et au San Francisco Art Institute. Ses textes ont été publiés dans différentes revues et catalogues (Include Me Out, dans Vides, une rétrospective, Centre Georges Pompidou, Kunsthall de Bern, 2009 / Wouldn’t that be Wonderful, actes du colloque Art Contemporain Design Contemporain, Haute école d’art et de Design de Genève, 2008). Il vient d’être lauréat de la Villa Médicis hors les murs.


Neli Dobreva
est Research fellow du National Museum of American History – Smithsonian Institution, Washington DC, Etats-Unis, affiliée au Centre d’histoire et théories de l’art de l’EHESS et ingénier d’études à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme à Paris ; elle enseigne la Philosophie de l’art au Département d’Arts plastiques et sciences de l’art de l’Université Paris 1 « Panthéon-Sorbonne ». Son domaine de recherche est l’intersection des concepts du corps, de l’image et du réel chez Gilles Deleuze, Ludwig Wittgenstein et Jacques Lacan, et les discours des images des événements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis (collections muséales, expositions).

le 11 mai, 11h: Atelier X: Politiques de traduction et enjeux de pouvoir : perspectives historiques (105, bd Raspail)

(11h-13h)
Atelier X :
Politiques de traduction et enjeux de pouvoir :
perspectives historiques.

(Amphithéâtre au 105, bd Raspail)

Président : Philippe Roussin (EHESS)
Les enjeux de la traduction de l’histoire au dix-neuvième. Trois versions françaises de Chronicle of the Conquest of Granada de Washington Irving. Ronald Jenn. (France. Université Lille III)
Traduction et communication des sciences sociales dans un monde babélisé : Tocqueville et De la démocratie en Amérique. Michaël Oustinoff (France. Université de Paris III)
Traduire les signes en sciences sociales. Sündüz Özturk Kasar (Turquie. Université technique de Yildiz /EHESS)
L’étrange cas de John Ruskin, ou comment les traductions en français ont « oublié » sa pensée politique et sociale. Bénédicte Coste (Angleterre. London City University)

Abstracts /Résumés/ Zusammenfassungen
Les enjeux de la traduction de l’histoire au dix-neuvième. Trois versions françaises de Chronicle of the Conquest of Granada de Washington Irving. Ronald Jenn.
Lors de son séjour en Espagne au sein du corps diplomatique des Etats-Unis d’Amérique (1826-1832), l’écrivain et Homme de Lettres Washington Irving (1783-1859) mena d’importants travaux de recherche et de documentation dans les archives récemment ouvertes qui donnèrent lieu aux publications suivantes : The Life and Voyages of Christopher Columbus (1828), Chronicle of the Conquest of Granada (1829) et Tales of the Alhambra (1832). Toutes furent publiées simultanément en France et aux Etats-Unis mais cette communication portera sur les trois traductions de Chronicle of the Conquest of Granada. Pourquoi ce texte est-il sélectionné et retraduit si fréquemment au dix-neuvième siècle ? Qu’advient-il de l’image positive des Maures et de la compassion pour eux démontrée par Washington Irving et du statut de pseudo-traduction du texte de départ ? De quelles valeurs le texte historique américain est-il investi ? Il s’agit de suivre ce texte historique dans ses mutations successives et de dégager les enjeux de la traduction par des Européens, en l’occurrence des Français, de l’histoire écrite par des Américains et en particulier de ce moment précis et symbolique qui précède la découverte de l’Amérique. Les outils méthodologiques utilisés dans le cadre de ces travaux seront : la stylistique comparée de l’anglais et du français pour les études micro-textuelles, l’histoire du livre pour le profil des maison d’éditions et les stratégies éditoriales, la sociologie de la traduction ainsi que les études post-coloniales appliquées à la traduction.

Traduction et communication des sciences sociales dans un monde babélisé : Tocqueville et De la démocratie en Amérique. Michaël Oustinoff.
Dans un rapport intitulé « Language Matters » (2009), la British Academy s’inquiète de ce que les chercheurs britanniques soient de moins en moins compétents en langues étrangères, ce qui les condamne, à terme, à être « mondialement connus dans un seul pays ». Le tout-à-l’anglais n’est pas une solution, c’est une impasse[1]. L’anglais occupe une place centrale pour longtemps. Mais cette langue, dans l’absolu, n’a pas d’existence concrète. Tocqueville nous le signalait déjà dans De la démocratie en Amérique en intitulant un chapitre « Comment la démocratie américaine a modifié la langue anglaise »[2]: Britanniques et Américains ne sauraient parler la même langue, car ils vivent dans des sociétés différentes. Les traductions anglaises de De la démocratie en Amérique en sont la vivante illustration. La première, effectuée par Henry Reeve et relue par l’auteur, constitue une anglicisation de l’œuvre, alors qu’elle aurait demandé, par définition, une américanisation — en termes politiques, et pas seulement linguistiques. L’historique des traductions de l’œuvre en anglais peut se lire comme autant d’américanisations successives dont la dernière, par Arthur Goldhammer, remonte à 2004. Cette traduction est excellente, mais elle ne saurait supprimer la part d’intraduisibilité radicale au sein des langues anglaises, ni par rapport aux autres langues. C’est pourquoi nous contrasterons également l’original et ses versions anglaises avec d’autres, et notamment celles en portugais, en allemand et en russe en nous inspirant de la démarche adoptée par le Social Science Translation Project[3]. La traductologie considère de plus en plus la traduction non en tant que simple reproduction de l’original mais comme une transformation recréatrice. C’est dans cette optique que l’on se placera, avec toutes les implications que cela représente pour l’interprétation et la réception des textes de sciences humaines au regard de la communication scientifique dans un monde en voie de rebabélisation.
[1] Voir Joanna Nowicki, Michaël Oustinoff (dir.), Traduction et mondialisation. Volume 2, revue Hermès, 49, Paris, CNRS Éditions, 2007 et Nowicki, J. , Juremir Machado da Silva, Oustinoff, M. (dir.), Traduction et mondialisation. Volume 2, revue Hermès, 56, Paris, CNRS Éditions, 2010 (à paraître).
[2] Voir Michaël Oustinoff « De la démocratie en Amérique et l’intraduisibilité de l’anglais », Hermès, 56, 2010 (à paraître).
[3] Voir Michael Henry Heim et Andrzej W. Tymowski, Guidelines for the Translation of Social Sciences, American Council of Learned Societies, 2006.
En ligne sur : <
www.acls.org/uploadedFiles/Publications/Programs/sstp_guidelines.pdf>.
Disponible également en arabe, en chinois, en espagnol, en français, en japonais, en russe et en vietnamien.

Traduire les signes en sciences sociales. Sündüz Özturk Kasar.
“La langue est formée des signes” nous a appris la linguistique moderne. Le discours actualise ces signes qui vivent virtuellement dans le cerveau des locuteurs faisant partie de la mémoire d’une communauté linguistique. Le traducteur traduit alors ces signes actualisés par un discours d’origine, autrement dit ramenés par un sujet producteur à un moment de l’instance précis et dans des circonstances précises. Le traducteur qui prend en main ce discours initial est, à son tour, sujet de son propre discours (de nature secondaire); il le reproduit à un autre moment de l’instance et dans d’autres conditions. Alors superposition des sujets producteurs, des moments d’énonciation et des coordonnées discursives; ainsi définie, la traduction apparaît comme un hyperdiscours, c’est- à -dire dire qu’elle se construit sur un autre discours. Lorsqu’il s’agit des textes de sciences sociales, cet hyperdiscours s’avère, de surcroît, métalinguistique puisqu’il réactualise le langage d’un domaine de connaissances traité dans l’original. Maintes difficultés qui rendent la traduction théorique tâche difficile. Les débats poursuivis depuis des siècles autour de la question de savoir si l’on traduit le sens ou la forme sont en fait vaines puisque le signe linguistique est une unité indissociable formée d’un signifiant (image acoustique) et d’un signifié (concept). Donc on ne peut transmettre les concepts sans traduire convenablement leur appellation ni traduire les termes sans en rendre le contenu. Ce principe initial est fondateur pour une sémiotique de la traduction. Et si un signe quelconque n’existe pas dans la langue d’accueil? Former un terme pour construire un concept, voilà une épreuve cuisante qui attend le traducteur théorique. Pourrait-il proposer une traduction “relevante” comme le dit Jacques Derrida? Je voudrais traiter de ce sujet en essayant de l’illustrer par des exemples que je tirerai de mes propres expériences, à savoir mes traductions turques de Maurice Blanchot, de Roland Barthes et de Paul Ricœur ou des projets de recherche que j’ai menés à bien dans le cadre de mes cours de doctorat intitulés “Traduction théorique en sciences sociales” et “Sémiotique de la traduction” que j’assure à l’Ecole doctorale de l’Université technique de Yildiz à Istanbul.

L’étrange cas de John Ruskin, ou comment les traductions en français ont «oublié» sa pensée politique et sociale. Bénédicte Coste.
Cette proposition d’intervention est consacrée à la traduction en français des textes sociaux et politiques de John Ruskin (1819-1900), ou plus précisément au très petit nombre de traductions parues depuis la fin du XIXe siècle. Ruskin n’est pas uniquement un critique d’art influent de la seconde moitié du XIXe siècle, il a également rédigé de nombreux textes consacrés à l’économie politique. Alors que son autobiographie (Praeterita) et les textes consacrés à la critique d’art ont été partiellement traduits au début du XXe siècle, les textes constituant Munera Pulveris ou certaines lettres de Fors Clavigera demeurent inconnus du lectorat francophone. A l’exception de Sesame and Lilies, et d’Unto This Last[1] les textes traitant de politique et de sciences sociales n’ont pas été traduits. Toutefois, l’intérêt pour Ruskin a persisté tout au long du XXe siècle. C’est dans la perspective de traductions partielles et d’articles présentant sa pensée sociale que nous souhaiterions interroger la réception française de J. Ruskin. L’ouvrage de R. de La Sizeranne, John Ruskin et la religion de la beauté, les traductions de M. Proust (Sésame et les lys ; La Bible d’Amiens), de M. Crémieux (Les Pierres de Venise) nous ont légué la figure d’un critique d’art au détriment de la pensée politique de J. Ruskin. Les traductions éparses et parcellaires de ses textes politiques ne semblent pas avoir suscité de projet de plus vaste ampleur, alors que l’apport de Ruskin aux sciences et aux pratiques sociales existe. C’est cette a généalogie que nous souhaitons retracer. Nous présenterons les textes traduits et examinerons leur traduction, ainsi que les articles ou les ouvrages en français consacrés à la pensée de Ruskin, afin d’analyser les raisons de ce qu’il faut bien qualifier de refoulement.
[1] ″Unto this last″, quatre essais sur les premiers principes d'économie politique, par John Ruskin, traduction de l’abbé Peltier. Introduction de H.-J. Brunhes, 1902.

BIOS:
Ronald Jenn est Maître de Conférences à l’Université Charles de Gaulle Lille-3 où il enseigne la traduction et la traductologie. Ses recherches portent sur l’influence de l’idéologie sur les traductions depuis la fin du dix-huitième jusqu’à nos jours. Il s’intéresse également aux échanges entre la France et les Etats-Unis via la traduction. Il est aussi traducteur des nouvelles de Nathaniel Hawthorne inédites en français, traduites en collaboration, doivent paraître en 2010. Membre du CECILLE.

Sündüz Ozturk Kasar, Maître de Conférences habilité, docteur de l’EHESS (Paris), chef adjoint du Département de Traduction et d’Interprétation de Français de l’Université technique de Yildiz (Istanbul), travaille essentiellement dans les domaines de la linguistique, de la sémiotique et de la traductologie. Elle a publié plusieurs livres et articles dans différents pays en même temps qu’elle a traduit en turc des livres de Maurice Blanchot, de Roland Barthes et de Paul Ricœur.

Michaël Oustinoff est maître de conférences HDR à l’Institut du Monde Anglophone de Paris 3 Sorbonne Nouvelle, membre du TRACT (Paris 3) et de la Rédaction en chef de la revue Hermès, CNRS Editions, dont il a notamment supervisé le numéro 51, L’Epreuve de la diversité culturelle et les numéros 49 et 56 de Traduction et mondialisation, dont le deuxième volume est à paraître en 2010. Il est également l’auteur de Bilinguisme d’écriture et auto-traduction : Julien Green, Samuel Beckett, Vladimir Nabokov (Paris, L’Harmattan, 2001) et de La traduction (Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 3e édition 2009).

Bénédicte Coste est victorianiste, membre d’EMMA (Etudes montpelliéraines du monde anglophone, EA 741) et enseigne la traduction à City University (Londres). Traductrice de Walter Pater, elle traduit actuellement The Seven Lamps of Architecture, ce qui l’a conduite à s’intéresser à la réception française de Ruskin.